La vie rêvée de Walter Mitty – Ben Stiller

La vie rêvée de Walter MittySynopsis: Walter Mitty est un homme ordinaire, enfermé dans son quotidien, qui n’ose s’évader qu’à travers des rêves à la fois drôles et extravagants. Mais confronté à une difficulté dans sa vie professionnelle, Walter doit trouver le courage de passer à l’action dans le monde réel. Il embarque alors dans un périple incroyable, pour vivre une aventure bien plus riche que tout ce qu’il aurait pu imaginer jusqu’ici. Et qui devrait changer sa vie à jamais.

Note: 7/10

Critique: Il est difficile de rédiger une critique après celle de Twelve years a slave qui est un film bouleversant. J’aimerais tout de même rendre justice à ce film très sympa qui nous fait passer un bon moment.

Il s’agit d’une adaptation de la nouvelle de James Thurber intitulée La vie secrète de Walter Mitty (1939) déjà adaptée au cinéma par Norman Z. McLeod. Le scénario du film est assez classique. Le début de l’histoire se déroule au sein de la rédaction du magazine mythique Life qui depuis 2007 n’existe plus qu’en version informatique. On se trouve donc dans un milieu assez bobo même si Walter (la modestie incarnée) effectue un travail de l’ombre. Il se retrouve ensuite embarqué dans une aventure comprenant de multiples étapes, à la manière d’un road-movie. Ces aventures lui permettent de découvrir des mondes inconnus et d’évoluer à l’image d’un Forrest Gump par exemple. Son amour pour sa jolie collègue Cheryl (Kristen Wiig) qu’il n’ose pas aborder bénéficie également d’un traitement très classique. Ses moments d’absences peuplés de rêves délirants sont en revanche très réussis et bien intégrés dans l’intrigue.

L’humour repose sur le caractère assez naïf de Walter Mitty qui peut rappeler les précédents rôles de Ben Stiller notamment dans Mary à tout prix (1998). On rit également beaucoup au dépens de Ted Hendricks (Adam Scott) sorte d’antithèse de Walter Mitty qui est chargé de gérer la transition du magazine alors qu’il ne semble avoir aucune compétence de gestion ni aucune connaissance du magazine. Une manière de se moquer gentiment du capitalisme.

Il s’agit donc d’un film qui prend des airs de road-movie initiatique sans jamais perdre de sa légèreté, on en ressort avec le sourire!

Twelve years a slave – Steve McQueen

Twelveyearsaslave

Synopsis: Les États-Unis, quelques années avant la guerre de Sécession.
Solomon Northup, jeune homme noir originaire de l’État de New York, est enlevé et vendu comme esclave. Face à la cruauté d’un propriétaire de plantation de coton, Solomon se bat pour rester en vie et garder sa dignité. Douze ans plus tard, il va croiser un abolitionniste canadien et cette rencontre va changer sa vie…

Note: 9/10

Critique: J’avais beaucoup aimé les deux premiers films de Steve McQueen Hunger (2008) et Shame (2011) qui étaient tous les deux de vrais films d’auteurs assez froids mais très forts et parfaitement interprétés par Michael Fassbender. J’avais donc logiquement hâte de découvrir ce film doté d’un budget un peu plus conséquent et d’un casting plus important.

Tout d’abord je dois dire que j’ai appris (ou en tout cas j’ai eu l’impression d’apprendre) beaucoup de choses sur l’esclavage à cette époque. Le récit de vie de Solomon Northup est un matériau de travail très intéressant pour le film car il permet de montrer la capture  d’un homme libre, puis son passage chez différents propriétaires et enfin sa libération. Chaque propriétaire a une façon différente de pratiquer l’esclavage: le marchand Freeman (Paul Giamatti) se contente de revendre les esclaves pour faire une plus-value, Ford (Benedict Cumberbatch) est un maître croyant, cultivé relativement bienveillant mais pas philanthrope non-plus, Edwin Epps (Michael Fassbender) lui a un caractère violent et instable qui s’exprime d’autant plus qu’il possède des esclaves à sa merci.

Michael Fassebender,  Lupita Nyong’o et Chiwetel Ejiofor.
Michael Fassbender, Lupita Nyong’o et Chiwetel Ejiofor.

Le film permet également de montrer des statuts qui peuvent changer à travers l’exemple d’un ancien régisseur devenu un travailleur effectuant le mêmes tâches que les esclaves. Les exploitations de coton ne semblent pas immenses, elles sont plutôt de taille moyenne, à certaines périodes de l’année les esclaves sont « loués » dans d’autres exploitations…etc. Certains passages sont extrêmement violents mais je ne vois pas comment il pourrait en être autrement dans un film sur l’esclavage. Enfin, la présence d’abolitionniste canadien (Brad Pitt) montre leur rôle dans les réseaux d’aide aux esclaves américains (un article du magazine Vocable All English n°350 est consacré à ce sujet si cela vous intéresse).

Au delà de cet aspect très instructif, Steve McQueen n’oublie de faire un film à l’esthétique très soignée. La beauté des maisons (type Autant en emporte le vent) et des paysages est soulignée et contraste avec la dureté de la vie des esclaves. Quelques passages sont assez contemplatifs et transmettent l’espoir qui anime Solomon en particulier vers la fin du film. Enfin, la musique d’Hans Zimmer apporte une belle émotion. Il s’agit donc d’un film un peu plus « classique » que les deux précédents long-métrages de Steve McQueen mais très bien interprété, très fort et très réussi cinématographiquement parlant.

challenge XIX

Vu dans le cadre du challenge XIXe siècle organisé par Fanny du blog Dans le manoir aux livres.

Au bonheur des ogres – Daniel Pennac

Malaussène

Résumé: Benjamin Malaussène a un drôle de métier: bouc émissaire au service réclamations d’un grand magasin parisien où il est chargé d’apitoyer les clients grincheux. Une bombe, puis deux, explosent dans le magasin. Benjamin est le suspect numéro un de cette vague d’attentats aveugles. Quand on est l’aîné, il faut aussi survivre aux tribulations de sa tumultueuse famille : la douce Clara qui photographie comme elle respire, Thérèse l’extralucide, Louna l’amoureuse, Jérémy le curieux, le Petit rêveur, la maman et ses amants… Le tout sous les yeux de Julius, le chien épileptique, et de Tante Julia, journaliste volcanique. Quel cirque !

Note: 8/10

Critique: Ce roman m’a été offert par un ami qui adore la sage Malaussène et me la conseille depuis longtemps. J’ai vu l’adaptation du roman au cinéma à sa sortie en octobre dernier, elle ne m’avait pas totalement convaincue mais elle m’a donné envie de découvrir le roman.

Une famille attachante  

Avant de lire le roman j’avais un petit peu peur de ne pas apprécier cette famille qui me semblait assez excentrique et peut être trop pleine de bons sentiments. Je savais en tout cas que mon opinion sur le livre dépendrait très largement des personnages. Finalement, j’ai beaucoup aimé les différents personnages même s’ils ne sont pas tous très présents. J’ai particulièrement aimé Thérèse qui est très sèche, sérieuse et visiblement dotée de pouvoirs surnaturels… Elle m’a beaucoup fait rire!

Un bel équilibre des genres littéraires 

Ce que j’ai aussi beaucoup aimé dans le roman, c’est le mélange d’enquête policière, d’humour, d’histoires d’amour…etc. J’ai par exemple beaucoup aimé les commentaires de Benjamin Malaussène entre parenthèses. Ils permettent de connaître ses états d’âme au delà de son rôle de chef de famille. J’ai en revanche été un peu moins sensible à l’aspect vie de quartier et au côté un peu social (notamment du monde du travail) je suis assez difficile avec le traitement de ces thèmes dans les livres ou les films. Avec son découpage en courts chapitres le roman peut se lire très vite pour découvrir la résolution de l’enquête mais peut aussi être savouré plus longuement pour son atmosphère et ses personnages.

Il s’agit donc d’une très belle découverte! Je pense poursuivre la lecture de la saga cet été quand j’aurai davantage de temps pour lire.

Yves Saint-Laurent – Jalil Lespert

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Résumé: Paris, 1957. A tout juste 21 ans, Yves Saint Laurent est appelé à prendre en main les destinées de la prestigieuse maison de haute couture fondée par Christian Dior, récemment décédé. Lors de son premier défilé triomphal, il fait la connaissance de Pierre Bergé, rencontre qui va bouleverser sa vie. Amants et partenaires en affaires, les deux hommes s’associent trois ans plus tard pour créer la société Yves Saint Laurent. Malgré ses obsessions et ses démons intérieurs, Yves Saint Laurent s’apprête à révolutionner le monde de la mode avec son approche moderne et iconoclaste.

Note: 6/10

Critique: Tout d’abord apprécié le fait que le film se concentre sur le début de carrière d’Yves Saint-Laurent. Je trouve que les biopics qui choisissent de se concentrer sur une période déterminée gagnent en rythme et en crédibilité (à l’image de Lincoln de Steven Spielberg par exemple). Dans ce biopic, Jalil Lespert insère tout de même quelques scènes de Pierre Bergé âgé qui raconte certains éléments en voix off, je déteste ce procédé qui plombe selon moi les films.

J’ai trouvé les tous acteurs excellents Pierre Niney et Guillaume Galienne en tête.  Charlotte le Bon est très bonne aussi en mannequin charismatique et influente. Le film m’a donné envie d’en découvrir plus sur Victoire Doutreleau, je vais essayer de lire ses Mémoires. Le film montre assez bien la relation tumultueuse de Yves et Pierre, les défilés et leur pression ainsi que le vie nocturne de cette époque.

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Cependant, selon moi il manque un petit quelque chose pour faire en faire un très bon film. Je ne saurais pas trop l’expliquer, mais il manque peut être un peu d’émotion. La réalisation a tendance à nous maintenir éloignés des personnages. Il s’agit donc d’un film qui vaut surtout pour ses acteurs. Je suis curieuse de découvrir le second biopic sur Yves Saint-Laurent réalisé par Bertrand Bonello avec Gaspard Ulliel et Jérémie Rénier. Il est apparemment prévu pour cet automne.

Le Hobbit, la désolation de Smaug – Peter Jackson

Hobbit

Synopsis: Les aventures de Bilbon Sacquet, paisible hobbit, qui sera entraîné, lui et une compagnie de Nains, par le magicien Gandalf pour récupérer le trésor détenu par le dragon Smaug. Au cours de ce périple, il mettra la main sur l’anneau de pouvoir que possédait Gollum…

Note: 7,5/10

Critique: Je tiens d’abord à préciser que je n’ai jamais lu l’oeuvre de Tolkien (ni Le seigneur des anneaux, ni Le Hobbit. J’ai donc toujours regardé les films comme des oeuvres à part entières. J’espère tout de même lire Le Hobbit en v.o cette année.

Concernant le film, j’ai apprécié son dynamisme et son rythme. Le premier m’avait laissé sur ma faim en terme d’aventures et d’action. Ici, cela n’arrête pas, les obstacles et leurs résolutions s’enchaînent à toute vitesse. De nombreux personnages apparaissent et disparaissent au fur et à mesure du déroulement du film comme pour les autres adaptations que j’ai vu. Ce rythme est presque « fatigant » à suivre, je dis pas cela de façon négative mais on aurait parfois envie de faire une petite pause ou de le revoir pour s’assurer que l’on n’a rien raté. J’ai d’ailleurs pu voir que de nombreuses personnes sont allées le voir plusieurs fois. L’humour est relativement peu présent mais efficace. Rien que la tête de Martin Freeman a tendance à me faire sourire!

Mais le plus gros atout de ce film, pour moi, est son visuel. Il est juste magnifique, époustouflant! Je manque de superlatifs pour le qualifier! Smaug est très impressionnant et la voix de Benedict Cumberbatch complète parfaitement le tableau!

Comme pour Hunger Games, L’embrasement récemment, les scénaristes nous laissent sur un gros Cliffhanger (raison de plus de lire le livre d’ici la sortie du 3). Il s’agit donc d’un film à très grand spectacle et au visuel superbe ce qui le rend presque « fatigant » à suivre!

Anna Karenine (2013)

anna

Résumé: Anna Karenine réside avec son mari à Saint-Pétersbourg. Lorsqu’elle se rend à Moscou pour tenter de ramener la paix dans le ménage de son frère – et lui faire valoir que l’amour de la famille vaut plus que toutes les liaisons du monde –, elle rencontre dans le train le bel officier Vronsky, promis à sa belle-soeur, Kitty. Malgré les défenses qu’elle oppose, un amour dévastateur les liera…

Note 4/10

J’étais impatiente à l’idée de découvrir cette nouvelle adaptation de mon roman préféré d’autant plus que j’avais beaucoup aimé celle de 2012! Il s’agit d’une coproduction européenne réalisée par Christian Duguay (Jappeloup).

Il y a du bon et du moins bon dans cette adaptation. Tout d’abord le format et la durée 3h15 sans interruption! Il aurait été plus intelligent de le diviser en deux parties, surtout un 1er janvier! Au niveau du casting j’ai été plutôt agréablement surprise, les personnages principaux sont bien interprétés mention spéciale pour l’acteur qui interprète Alexei Karénine (Benjamin Sadler), retranscrit très bien le caractère sec mais généreux du personnage.

Benjamin Sadler
Benjamin Sadler dans le rôle d’Alexei Karénine

L’actrice qui interprète Dolly (Carlotta Natoli) est en revanche trop âgée et celle qui interprète sa mère la princesse Stcherbatska (Sydne Rome) est beaucoup trop botoxée!

Au niveau du scénario, on suit la trame du roman avec des ajouts (Kitty part soigner des soldats allemands et attire l’attention d’un blessé de guerre en particulier), certains évènements sont un peu condensés et semblent se produire dans une durée très courte. Il y a également des maladresses facilement évitables (la petite Anna semble ne pas grandir, les cheveux d’Anna changent sans cesse de longueur, certaines scènes ne sont pas réalistes pour l’époque et même si ces changements sont volontaires ils n’apportent rien).

Il s’agit donc d’une adaptation dont le casting tient la route mais que l’on pourrait qualifier de « classique ». Si elle peut donner en vie de (re)découvrir le roman c’est déjà ça! Vous pouvez vous faire votre propre avis sur cette adaptation, elle est disponible pendant une semaine sur Pluzz.