American Bluff – David O. Russell

American Bluff

Synopsis: Un escroc particulièrement brillant, Irving Rosenfeld, et sa belle complice, Sydney Prosser, se retrouvent obligés par un agent du FBI, Richie DiMaso, de nager dans les eaux troubles de la mafia et du pouvoir pour piéger un homme politique corrompu, Carmine Polito. Le piège est risqué, d’autant que l’imprévisible épouse d’Irving, Rosalyn, pourrait bien tous les conduire à leur perte…

Note: 5/10

Critique: Ce film s’affirme clairement comme un hommage au cinéma et aux acteurs. Les personnages ne cessent de se déguiser et de se mentir les uns aux autres. Les acteurs sont mis en valeur et prennent un plaisir visible à interpréter leurs rôles. On a même droit à une apparition de Robert De Niro qui interprète un rôle en forme de clin à sa filmographie de mafieux d’origine italienne.

Le film évoque aussi l’atmosphère des années 1970 aux Etats-Unis. Les scandales politico-financiers sont assez nombreux et médiatisés durant cette période (le scandale du Watergate impliquant Richard Nixon en 1974 en est l’exemple le plus extrême). La crise économique des années 1970 (suite notamment au choc pétrolier de 1973) se fait également ressentir. Dans ce contexte difficile, les personnages ont tous une volonté très forte de s’en sortir. Elle est assez clairement illustrée par le personnage Richie DiMaso  (Bradley Cooper) qui souhaite à tout prix franchir les échelons du FBI et (se) prouver qu’il n’est pas un bon à rien.

Il s’agit donc d’un film bourré de références mais qui malgré ses qualités m’a parfois ennuyé! Il faut vraiment prendre le temps de savourer ce film de 2h17, je n’étais sans doute pas dans l’humeur idéale pour le voir!

La belle et la bête – Christophe Gans

La belle et la bête

 

Synopsis: 1810. Après le naufrage de ses navires, un marchand ruiné doit s’exiler à la campagne avec ses six enfants. Parmi eux se trouve Belle, la plus jeune de ses filles, joyeuse et pleine de grâce. Lors d’un éprouvant voyage, le Marchand découvre le domaine magique de la Bête qui le condamne à mort pour lui avoir volé une rose. Se sentant responsable du terrible sort qui s’abat sur sa famille, Belle décide de se sacrifier à la place de son père. Au château de la Bête, ce n’est pas la mort qui attend Belle, mais une vie étrange, où se mêlent les instants de féerie, d’allégresse et de mélancolie.

Note: 7/10

Critique: Le début du film prend le temps de nous exposer la vie de la famille de Belle. Ses deux soeurs sont exactement comme on les imaginent superficielles et agaçantes (Audrey Lamy est particulièrement fraîche et rigolote). Ses trois frères, généralement moins présents dans les différentes versions du conte, ont ici des rôles importants. Ils apportent de la variété dans les personnages: l’aîné fréquente des cercles de brigands et a contracté de nombreuses dettes, le second est écrivain et le benjamin a encore du mal à s’affirmer et à se démarquer des autres. Le père est certes sympathique mais il semble dépassé tant par ses problèmes économiques que par l’aventure qu’il vit sur le domaine de la bête. Cette longue introduction permet donc de décrire certains aspects de la société (commerce, dettes…) de l’époque et crée une attente.

Le film bascule ensuite dans le fantastique avec le domaine de la Bête. Cette partie est très réussie visuellement! Le passé de la Bête nous est  raconté à travers des flash-back qui sont aussi des sorte de rêves ou visions de Belle. Ils sont élégants et permettent à Vincent Cassel d’être présent dans son aspect normal. En revanche, les petites créatures  du château citées comme les meilleurs amis de Belle dans la voix-off ne sont pas du tout exploités et c’est dommage.

Il s’agit donc d’un joli film, très réussi visuellement et qui saura plaire à un public familial.

Le loup de Wall Street – Martin Scorsese

Le loup de Wall Street

Synopsis: L’argent. Le pouvoir. Les femmes. La drogue. Les tentations étaient là, à portée de main, et les autorités n’avaient aucune prise. Aux yeux de Jordan et de sa meute, la modestie était devenue complètement inutile. Trop n’était jamais assez…

Note: 9/10 

Critique: Je suis allée voir ce film sans en attendre grand chose car je ne suis pas du tout fan de Leonardo DiCaprio et le monde de la finance a déjà été évoqué de nombreuses fois au cinéma. Finalement, j’ai trouvé ce film très réussi! Il s’appuie sur un scénario et une mise en scène quasi-parfaits qui font presque oublier sa durée (3 heures)!

Le film, adapté de l’autobiographie de Jordan Belfort commence par l’arrivée à Wall Street d’un jeune courtier idéaliste, marié et ne buvant pas d’alcool. Il change rapidement au contact de Mark Hanna (Matthew McConaughey). Il perd cependant rapidement son emploi en 1997 lors du Black Monday. Il rebondit en créant sa propre société Stratton Oakmont, la suite est une orgie d’argent, de sexe et de drogue avec en toile de fond sa volonté de fuir toute condamnation judiciaire.

Le résultat est troublant, le personnage de Jordan Belfort exerce un pouvoir de séduction indéniable sur le spectateur, il correspond en partie à l’idéal du rêve américain tout en le pervertissant. Martin Scorsese choisit de critiquer implicitement tout le monde (les traders mais aussi les classes moyennes espérant s’enrichir sans effort et sans risques ainsi que les personnes prêtes à toutes les humiliations contre de l’argent).

La mise en scène est particulièrement soignée, le film comporte une variété de scènes qui le rendent inclassable. En effet, si certains passages font sourire, d’autres liés par exemple aux conséquences de la consommation de drogues peuvent mettre très mal à l’aise. Bref, il s’agit d’un film très maîtrisé, sans morale, dans lequel j’ai pour une fois trouvé Leonardo DiCaprio très convaincant!

Premier amour – Ivan Tourgueniev

Premier amour

Résumé: Au début de l’été 1833, à peine âgé de seize ans, Vladimir rencontre l’amour pour la première fois dans la maison de campagne où il passe ses vacances. Zenaïde, la belle jeune fille qui l’a ébloui, est plus âgée que lui, forte et indépendante.

Note: 6/10

Critique: Cette nouvelle autobiographique d’une centaine de pages est ma première expérience dans l’oeuvre d’Ivan Tourgueniev (1818-1883).

Vladimir le personnage principal est très attachant, il est d’un caractère romantique dans le sens du XIXe siècle. Ce caractère se heurte à une réalité qui n’est pas ou plus vraiment en accord avec sa sincérité et sa douceur. L’auteur s’amuse à montrer le contraste entre les sentiments (amour, doute, jalousie) qui torturent le personnage et la nature qui l’entoure, qui elle, exprime une grande sérénité.

Les sentiments réels de Zenaïde sont mystérieux. Elle est entourée d’une cour d’hommes très différents qui se disputent ses faveurs. Vladimir alterne donc entre la satisfaction que lui procurent les moments passés avec elle et le doute et la jalousie qui le font souvent souffrir. Malheureusement, j’ai deviné assez rapidement ce qu’il en était des sentiments de Zenaïde…

La nouvelle distille également quelques éléments sociaux à travers le mariage arrangé des parents du héros et la situation financière difficile de la mère de Zenaïde. Il s’agit donc d’une découverte intéressante sans être bouleversante.

challenge XIX

Lue dans le cadre du challenge XIXe siècle organisé par Fanny du blog Dans le manoir aux livres.