The Hours – Stephen Daldry

The Hours

Synopsis: Dans la banlieue de Londres, au début des années vingt, Virginia Woolf (Nicole Kidman) lutte contre la folie qui la guette. Elle entame l’écriture de son grand roman, Mrs Dalloway.
Plus de vingt ans après, à Los Angeles, Laura Brown (Julianne Moore) lit cet ouvrage : une expérience si forte qu’elle songe à changer radicalement de vie.
A New York, aujourd’hui, Clarissa Vaughn (Meryl Streep), version moderne de Mrs Dalloway, soutient Richard, un ami poète atteint du sida.

Note: 09/10

Critique: Le film est une adaptation du roman du même nom de Michael Cunnigham. On peut dire qu’il est déjà devenu une sorte de classique, acclamé par la critique à sa sortie. Les trois actrices principales ont été récompensées à la Berlinale et Nicole Kidman a reçu l’oscar de la meilleure actrice.

Le film évoque donc trois femmes vivants à trois périodes différentes et étant liées par le roman Mrs Dalloway mais aussi par un autre lien scénarique que l’on découvre vers la fin du film. Les passages consacrés à chaque femme sont suffisamment longs pour nous laisser entrer dans leurs quotidiens respectifs. La mise en scène, elle, reste assez classique. Le film laisse la part belle à ses actrices qui sont toutes les trois très justes. J’ai tout de même une préférence pour Julianne Moore qui incarne une mère au foyer vivant dans une banlieue résidentielle. Son visage exprime une tristesse infinie et qui pourtant échappe à son entourage.

Julianne

Tout comme le roman Mrs Dalloway l’un des principaux thèmes du film est l’altérité. Les trois personnages souffrent mais ont du mal à partager leur ressenti avec leur entourage. La routine, la dépression, la maladie sont le maux dont souffrent ces trois femmes. Seule Virginia Woolf parvient à en parler ouvertement avec son mari Léonard. Les deux autres, parviennent tant bien que mal à cacher leur désespoir. Si le suicide de Virginia Woolf est exposé dès la première scène du film, les deux autres femmes et leurs familles doivent durant une journée prendre des décisions afin de changer leur situation.

La dernière lettre qu’écrit Virginia Woolf à son époux Léonard, lue durant la première scène du film est particulièrement émouvante. Malgré le contexte morbide, on y retrouve le style de l’écrivaine ainsi qu’une explication lucide de ses troubles mentaux.

J’ai la certitude que je vais devenir folle : je sens que nous ne pourrons pas supporter encore une de ces périodes terribles. Je sens que je ne m’en remettrai pas cette fois-ci. Je commence à entendre des voix et ne peux pas me concentrer. 

Alors, je fais ce qui semble être la meilleure chose à faire. Tu m’as donné le plus grand bonheur possible… Je ne peux plus lutter, je sais que je gâche ta vie, que sans moi tu pourrais travailler. Et tu le pourras, je sais.

Tu vois que je ne peux même pas écrire cette lettre correctement. Je ne peux pas lire. Ce que je veux dire, c’est que je te dois tout le bonheur de ma vie. Tu as été entièrement patient avec moi et incroyablement bon. Je tiens à dire cela – tout le monde le sait.

Si quelqu’un pouvait me sauver, cela aurait été toi. Tout m’a quitté, mais non la certitude de ta bonté. Je ne peux pas continuer de gâcher ta vie plus longtemps.Je ne pense pas que deux personnes auraient pu être plus heureuses que nous l’avons été.

Il s’agit donc d’un film classique dans sa forme, le réalisateur ayant l’intelligence de laisser la part belle à ses actrices et aux thèmes assez sombres. De quoi (re)donner envie de découvrir Mrs Dalloway malgré sa réputation de roman difficile à lire!

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Séances ciné

Jack et la mécanique du coeur

Jack et la mécanique du coeur – Mathieu Malzieu        Note: 05/10

Ce dessin animé m’a plu sur certains aspects: notamment l’univers forain et la présence de Georges Meliès (doublé par Jean Rochefort). Miss Acacia est également attachante, plus que le Jack lui-même. Je trouve en revanche que Grand Corps Malade est trop « évident » derrière le personnage qu’il incarne. Je n’ai pas eu de coup de coeur pour les chansons et j’ai trouvé la fin un peu abrupte.

Le vent se lève

Le vent se lève – Hayao Miyazaki          Note 04/10 

Pour la première j’ai été déçu par Miyazaki. Si les dessins sont superbes, j’ai trouvé l’histoire d’amour (fictive) assez mal traitée et le rythme très lent. Dommage!

Philomena

Philomena – Stephen Frears          Note: 08/10 

L’histoire délicate est très bien traitée grâce à deux personnages très différents. Philomena (Judi Dench) reste catholique et étonnamment compréhensive à l’égard des soeurs tandis que le journaliste (Steve Coogan) est scandalisé par cette affaire. L’histoire progresse bien au fil des découvertes et de nouveaux suspens apparaissent. L’émotion est présente sans être too much. Mon seul bémol concerne le tout début du film, dans lequel la fille de Philomena interpelle le journaliste quelques heures seulement après avoir avoir appris le passé de sa mère. Je pense qu’il aurait été plus réaliste que dans un premier elle soit trop troublée pour proposer une enquête si rapidement.

La voleuse de livres

La voleuse de livres – Brian Percival        Note: 07/10

La réalisation est classique mais réussie (Brian Percival est le réalisateur de certains épisodes de Downton Abbey).  Les acteurs sont très bons on a envie de faire un gros câlin à Georfrey Rush. En revanche ce qui est absurde dans ce film c’est que les acteurs  parlent un anglais mélangé à quelques mots ou expressions allemandes sans que ce soit vraiment de l’allemand. Il aurait été plus judicieuse de s’en tenir à parler soit allemand (pour plus de réalisme) soit anglais.

Dallas Buyers Club

Dallas Buyers Club – Jean-Marc Vallée         Note: 08/10

Je savais le plus gros de cette histoire inspirée de faits réels avant de voir le film. Ce sont surtout les performances des acteurs qui sont inoubliables Matthew McConaughey bien sûr mais aussi Jared Leto parfait dans son rôle de travesti. Leurs récompenses sont méritées! Jennifer Garner est la douceur incarnée, j’aimerais la voir plus souvent au cinéma!

POMPEI

Pompei – Paul W.S Anderson         Note: 05/10 

Le film commence comme un film d’action des plus classiques le personnage de Milo (Kit Harington) a une revanche à prendre. Il se trouve à de multiples reprises au bord de la mort avant d’être à chaque fois sauvé par une intervention ou une des manifestations de l’éruption volcanique. J’ai apprécié certains élément de l’histoire par exemple l’idées que de nouvelle infrastructures soient envisagées avant l’éruption. Le décors sont très bien reconstitués. Le personnage du sénateur est ridicule au possible et sa manière de rappeler son nom sonne comme une parodie de Gladiator. Ce film est donc loin d’être un chef-d’oeuvre cinématographiquement parlant mais j’ai tout de même passé un bon moment (sans doute grâce à Kit Harington).

L’éveil de Mademoiselle Prim – Natalia Sanmartin Fenorella

L'éveil de Mademoiselle Prim

 

Résumé: Ref : 445 « Cherche esprit féminin détaché du monde. Capable d’exercer fonction de bibliothécaire pour un gentleman et ses livres. Pouvant cohabiter avec chiens et enfants. De préférence sans expérience professionnelle. Titulaires de diplômes d’enseignement supérieur s’abstenir. »
Mademoiselle Prim ne répondait qu’en partie à ce profil : bardée de diplômes et sans aucune expérience des enfants et des chiens. Elle est engagée et, après quelques heurts avec son employeur, un homme aussi intelligent et cultivé que peu délicat, elle découvre le style de vie et les secrets des habitants de Saint Irénée d’Arnois.

Note: 7/10

Critique:

Prudence Prim, très peu épanouie dans son travail de secrétaire, débarque donc à Saint-Irénée d’Arnois.  Ce village ressemble à une sorte d’utopie plutôt réactionnaire en matière de moeurs et qui accorde une grande importante à la littérature et à la spiritualité. Elle se trouve rapidement confrontée au caractère fort de son employeur uniquement nommé « L’Homme au fauteuil » qu’elle apprend à connaître au gré de discussions toujours assez tendues. Prudence semble avoir toujours peur d’être mal comprise ou cataloguée voire moquée par « L’homme au fauteuil ». Cette relation rappelle évidemment celle d’Elizabeth Bennet et Fitzwilliam Darcy dans Orgueil et préjugés de Jane Austen, le roman est d’ailleurs cité à de multiples reprises. Cela rappelle aussi les discussions de Jane Eyre avec Edward F. Rochester dans Jane Eyre de Charlotte Brontë.

La conversation à l’honneur 

Ces joutes verbales ne se limitent pas à sa relation avec « L’homme au fauteuil », en effet au gré de ses rencontres Prudence découvre de multiples aspects de cette communauté. Je ne vous détaille pas ces particularités pour ne pas gâcher votre lecture. Certains de ces éléments l’étonnent voire la choquent. Cela donne lieu à de nombreuses discussions. Le roman accorde donc une place importante à la conversation, à l’image de beaucoup de romans du XIX siècle. Prudence est donc amenée à affuter ses arguments et à se remettre en question. Cela permet ainsi de la découvrir tout en découvrant le village de Saint-Irénée d’Arnois. Enfin, sans trop vous en dire, j’ai trouvé la fin réussie! Il s’agit donc d’un roman qu’il ne faut pas juger sur son fond qui est assez réactionnaire et genré mais sur l’intérêt que suscite la rencontre entre une jeune « normale » mais insatisfaite de sa vie et cette communauté originale.