La crème de la crème – Kim Chapiron

Lacremedelacrem

 

Synopsis (Allociné): Dan, Kelliah et Louis sont trois étudiants d’une des meilleures écoles de commerce de France. Ils sont formés pour devenir l’élite de demain et sont bien décidés à passer rapidement de la théorie à la pratique. 
Alors que les lois du marché semblent s’appliquer jusqu’aux relations entre garçons et filles, ils vont transformer leur campus en lieu d’étude et d’expérimentation.
La crème de la crème de la jeunesse française s’amuse et profite pleinement de ses privilèges : tout se vend car tout s’achète… mais dans quelle limite ?

Note: 03/10

Critique: J’ai trouvé ce film décevant sur différents points. Tout d’abord, l’équipe du film a choisi une affiche, une bande-annonce et une promotion surfant sur le côté sulfureux du film. En réalité, le scénario est bien sage voire moralisateur. L’ambition de dresser un portrait de la future élite et d’une certaine catégorie de prostituées est ratée. Les clichés s’accumulent! Les trois étudiants recrutent de jolies jeunes femmes occupant des emploi précaires (caissière, distributrice de flyers…). On pourrait croire à une juste critique de ces emplois sans perspective. Mais le fait que toutes ces femmes acceptent sans hésiter de se prostituer et sans aucun regret laisse perplexe.

De plus, les trois personnages sont clichés: on trouve un jeune homme issu d’une longue lignée « aristo », un autre venant d’une famille qui semble avoir profité d’une certaine méritocratie républicaine et une jeune femme Kelliah issue d’un milieu modeste (ce que l’on devine dès le début). Beaucoup d’idées et de personnages sont abandonnés en cours de route…

Le film présente tout de même quelques aspects originaux comme l’explication problèmes du quotidien sous forme de lois du marché économique. La découverte d’un trio d’acteurs est également positive (Thomas Blumenthal, Jean-Baptiste Lafarge et surtout Alice Isaaz).

Noé – Darren Aronofsky

 noe

Note: 08/10

J’attendais ce film depuis près de 2 ans! J’adore Russell Crowe et le réalisateur Darren Aronofsky dont Requiem for a dream et Black Swan sont selon moi des chefs-d’oeuvres. J’ai malheureusement dû le voir en VF et avoir droit à des répliques telles que « Mère où est Père? » et à des dialogues parfois en décalages avec les lèvres des acteurs… Je ne vais pas trop m’attarder sur le scénario inspiré la Bible, qu’il suit dans ses grandes lignes. On ne peut qu’être gêné par les sous-entendus incestueux déjà présents dans le récit biblique mais ce n’est pas vraiment l’objectif de cette chronique.

Le film est audacieux comme on peut s’y attendre avec le réalisateur. Le visuel est inventif: il utilise les effets spéciaux à bon escient. J’ai particulièrement apprécié les « Veilleurs » créatures divines littéralement « embourbées » sur terre. Ils sont très nuancés moralement dans un film où tout semble excessif. En effet, les questionnement et les choix sont on ne peut plus profonds. Il est question de sauver une partie de l’humanité et les animaux mais dans quel objectif finalement? Les questionnements philosophiques torturent Noé et détruisent progressivement ses relations avec sa famille. Les questions posées sont finalement relativement classiques comme dans d’autres films de Darren Aronofsky (comment être sûr d’avoir raison? à qui peut-on faire confiance? Les thèmes de la solitude, de la méfiance, de l’isolement, de l’obstination malsaine sont également cohérents avec le reste de sa filmographie.

Les acteurs sont excellents avec un petit bémol pour Douglas Booth interprète du fils aîné Sem qui semble un peu trop lisse. On peut aussi voir dans ce film une métaphore du cinéma qui a été très peu relevé par les critiques. Le moment où Noé raconte la Genèse à sa famille est par exemple selon moi, une manière de s’émerveiller devant les pouvoirs des techniques cinématographiques. De plus, la dégradation de la relation entre Noé et sa famille peut être considérée comme une métaphore des tournages difficiles.

Ce film est donc un bel exercice de style sur un thème très classique mais encore polémique à en croire la réaction de certains spectateurs. Il alterne des scènes d’actions, des drames psychologiques mais aussi quelques beaux moments d’harmonie familiale sans que cela paraisse trop hétéroclite. Le film ne subjugue pas autant que Black Swan mais Darren Aronosky réussit tout de même son pari!

Maine – J. Courtney Sullivan

Maine

Note: 07/10

Résumé: Pourquoi la vie de famille est-elle si compliquée ? Et comment faire quand la moindre conversation peut déclencher un drame ? Les femmes de la famille Kelleher se posent les mêmes questions mais n’y apportent jamais les mêmes réponses. Réunies pour une dernière fois dans leur maison de vacances du Maine, Alice (la grand-mère), Kathleen (la mère), Maggie (la petite-fille) et Ann Marie (la belle-fille), tentent de vivre ensemble malgré les secrets et les discordes passées. Cet été bouleversera leur existence.

Critique: Une nouvelle fois, après Les débutantes, l’auteure divise les chapitres entre les différents personnages. La structure est ici un peu moins adaptée. Il s’agit d’une famille et non d’un groupe d’amies, il y a donc beaucoup plus d’évènements communs et de répétitions sans que le changement de point de vue n’apporte un réel plus.

L’auteure analyse donc les relations (forcément) difficiles entre les femmes de plusieurs générations d’une famille d’immigrés irlandais catholiques au Etats-Unis. Le roman est donc l’occasion de dresser un tableau juste et complet des évolutions des moeurs. Le fait de se centrer sur les femmes est judicieux car leur situation a bien plus changé que celle des hommes. La transmission de la religion catholique et le fond culturel qu’il en reste chez la plus jeune ( la  culpabilité) est intéressant et assez juste je pense.

A la manière d’une saga, J. Courtney Sullivan met en exergue les traits communs se transmettant ou non entre ces différents femmes. L’alcoolisme en est un, il touche aussi la bru qui n’est donc pas de leur famille à l’origine. Chaque femme vit son alcoolisme différemment: les raisons qui les poussent à boire  sont différentes (traumatisme, mimétisme, manque de confiance en soi…etc) et leur façon d’y faire face aussi.  Ce ne sont pas les Rougon-Macquart mais presque!

Enfin, il s’agit d’un roman qui permet de découvrir des secrets de famille ou des épisodes douloureux qui éclairent les comportements et les relations de ces femmes au cours de l’été qu’elle passent ensemble dans le Maine.

Il s’agit donc d’un roman très intéressant qui brasse beaucoup de thèmes sociaux ou plus intimes. Il souffre tout de même de quelques longueurs liées aux changements parfois inutiles de points de vue.

La Révolution française – Roberto Enrico et Richard T. Heffron

revolution

Note: 07/10

En 1989, à l’occasion de la célébration du bicentenaire de la Révolution française le projet (très audacieux) de faire un film pédagogique regroupant les principaux évènements est réalisé. Le résultat d’une durée de près de six heures est divisé en deux parties Les années Lumières réalisé par Roberto Enrico (Le vieux fusil) et Les années terribles réalisé par Richard T. Heffron. Le casting comprend de grands acteurs de l’époque (Jane Seymour, Klaus-Maria Brandauer, Sam Neill, Claudia Cardinale…) et de futurs acteurs célèbres comme François Cluzet.

Comme promis, les moments forts de la Révolution sont bien présents. Lorsque c’est possible, la réalisation s’inspire de tableaux célèbres. Esthétiquement, le film est très réussi. Cependant, la période qui s’étend entre l’exécution de Danton et celle de Robespierre (avril 1794 à juillet 1794) et qui correspond à la dernière demi-heure du film est un peu bâclée. Elle présente une vision assez caricaturale de Robespierre. Autre reproche, les évènements de Vendée, élément très polémique de la Révolution, sont très peu évoqués. J’ai enfin été un peu gênée par les doublages de certains acteurs étrangers notamment celui de Klaus-Maria Brandauer qui interprète Danton.

prisebastille
Prise de la Bastille (14 juillet 1789)

Les acteurs sont très bien choisis pour leurs rôles respectifs, le film respecte les différentes personnalités des protagonistes: le meilleur exemple est selon moi Camille Desmoulins interprété par François Cluzet, il est passionné tant par les évènements historiques que par son amour pour Lucile.  On peut aussi citer la caractère bon-vivant de Danton, la rigueur de Robespierre, la résignation de Louis XVI. Le film permet aussi de montrer plus clairement leurs liens d’amitiés mis à mal par les évènements et les désaccords politiques.

Mariage de Camille Desmoulins (François Cluzet) avec Lucile (Marie Bunel). Ils ont pour témoins Danton (Klaus Maria Brandauer) et Maximilien de Robespierre (Andrzej Seweryn)
Mariage de Camille Desmoulins (François Cluzet) avec Lucile (Marie Bunel). Ils ont pour témoins Danton (Klaus Maria Brandauer) et Maximilien de Robespierre (Andrzej Seweryn)
Marie-Antoinette (Jane Seymour) et ses enfants (interprétés par les propres enfants de l'actrice)
Marie-Antoinette (Jane Seymour) et ses enfants (interprétés par les propres enfants de l’actrice)

Malgré quelques défauts, le film réussit donc globalement son pari de proposer une mise en scène condensée et pédagogique de la Révolution française. Les acteurs y sont pour beaucoup.

Séances ciné – Mars 2014

How I live now

How I live now – Kevin Macdonald  07/10

Il s’agit de l’adaptation d’un roman de Meg Rosoff qui m’avait beaucoup marqué durant mon adolescence. En effet, l’histoire de Daisy (Saiorse Ronan) adolescente américaine qui débarque dans une Angleterre en pleine troisième guerre mondiale est originale. Elle mêle des thèmes tels que l’adolescence, l’autonomie, la peur, la violence…etc. Le résultat est plutôt bon, les acteurs sont excellents. On ressent bien l’isolement et la solitude à laquelle sont livrés Daisy et ses cousins. Cependant, le réalisateur fait le choix de filmer exactement de la même façon une virée à la rivière qu’une scène de guerre ce qui est dommage.

Beaucoup de bruit pour rien

Beaucoup de bruit pour rien – Joss Wedhon 08/10

J’ai adoré cette version contemporaine de la pièce de William Shakespeare! Le choix du noir et blanc est très beau! Les personnages de grands bourgeois en costards séjournant dans une villa collent bien au texte. Béatrice (toujours un verre de vin à la main) et Benedict sont élégants et comiques à souhait.

Les gazelles

Les Gazelles – Mona Achache  05/10

Ni comédie du siècle ni catastrophe. Cette histoire de trentenaire fraîchement célibataire a une atmosphère qui ressemble un peu La page blanche (Boulet-Penelope Bagieu). Les actrices sont bien choisies pour leurs rôles respectifs. Il y a pas mal de petites références qui peuvent parler à tout le monde. Mais il manque tout de même un peu de profondeur dans les relations entre Marie et sa famille. Trop de thèmes sont abordés sans être creusés. Il est étrange par exemple que Marie n’ait aucun ami en dehors de ses amis communs avec son ex et de ses collègues.

Ida

Ida – Pawel Pawlikowski Note 10/10

Esthétiquement le film n’est pas aussi sublime que ce que j’avais imaginé. Mais c’est une grande réussite! J’étais un sceptique au début car Ida n’a que quelques jours pour découvrir sa tante qu’elle ne connaît pas et par extension la vie en dehors du couvent.  Sa tante qui n’a jamais cherché à découvrir le sort exact des parents d’Ida met soudainement toute son énergie dans les recherches. Les découvertes auxquelles elles sont confrontées les bouleversent profondément. L’interprétation et la réalisation sont très sobres, au service d’une histoire sur le sort des Juifs polonais durant la Seconde Guerre mondiale mais surtout sur l’après, et la mémoire de ces victimes.