Gemma Bovery – Anne Fontaine

Gemma-Bovery

 

Synopsis (Allociné): Martin est un ex-bobo parisien reconverti plus ou moins volontairement en boulanger d’un village normand. De ses ambitions de jeunesse, il lui reste une forte capacité d’imagination, et une passion toujours vive pour la grande littérature, celle de Gustave Flaubert en particulier. On devine son émoi lorsqu’un couple d’Anglais, aux noms étrangement familiers, vient s’installer dans une fermette du voisinage. Non seulement les nouveaux venus s’appellent Gemma et Charles Bovery, mais encore leurs comportements semblent être inspirés par les héros de Flaubert. Pour le créateur qui sommeille en Martin, l’occasion est trop belle de pétrir – outre sa farine quotidienne – le destin de personnages en chair et en os. Mais la jolie Gemma Bovery, elle, n’a pas lu ses classiques, et entend bien vivre sa propre vie…

Note: 6,5/10

Il s’agit comme vous le savez sûrement d’une adaptation d’un roman graphique de Posy Simmons qui se joue des clichés sur les Anglais, les normands et propose surtout une variation plutôt crédible autour du roman Madame Bovary de Gustave Flaubert.

La réussite du film réside, selon moi, sur sa capacité à planter le décor. Martin Joubert (Fabrice Luchini excellent et avec un léger coup de vieux) représente un archétype, celui de l’ancien bobo parisien insatisfait de sa vie à la campagne. La description de la vie à la campagne est juste, on y voit les relations de voisinage, l’ennui…etc. Les soucis matériels engendrés par une vieille maison ne sont par exemple pas oubliés.

L’arrivée de Gemma Bovery en Madame Bovary est bien mise en scène. Visuellement, la réalisatrice joue sur les longues robes fleuries, les bottines et les coiffures de l’héroïne pour lui donner un air de personnage du XIXe siècle. Gemma possède une personnalité propre qui ne se confond pas avec celle de l’héroïne de Flaubert, elle semble en effet plus sympathique que cette dernière. Elle est toujours ouverte à la discussion et à l’apprentissage de la langue et de la vie à la française. Cela fait d’elle dans un premier temps une « cible » facile pour Martin Joubert qui tente de l’approcher dès qu’il en a l’occasion.

L’humour est bien présent à travers les monologues souvent absurdes de Martin Joubert (mention spéciale au pétrissage du pain) mais aussi au personnage d’Elsa Zylberstein en je-sais-tout ridicule. Cependant, avec quelques furtifs flash-back sur la vie de Gemma et certaines de ses décisions, j’ai un peu perdu le fil avec ce personnage et donc avec le dernier quart du film.

L’ouverture est cependant malicieuse, plutôt que d’évoquer Jane Eyre, Anne Fontaine fait une référence très réussie à Anna Karénine, c’est à la fois drôle et presque lyrique en même temps. Il s’agit donc d’une adaptation réussie avec un casting parfait. J’ai cependant regretté quelques faiblesses du scénario qui en font un moins bon film que Tamara Drewe autre adaptation de Posy Simmons.

Vu dans le cadre du challenge XIXe siècle organisé par Fanny du Manoir aux livres.

Challenge XIXe

Le livre sur la place à Nancy (Septembre 2014)

Ce weekend, se tenait à Nancy la 36è édition du Livre sur la place. Ce salon accueillent tous les écrivains de la rentrée littéraire ainsi que de nombreux auteurs BD et des écrivains de la région Lorraine. Une nouvelle fois, j’ai avant tout profité des conférences, interviews et rencontres avec les auteurs, je n’ai pas craqué pour des livres.

Katherine Pancol et Karine Paipllaud
Katherine Pancol et Karine Papillaud

Ainsi, j’ai pu rencontrer Katherine Pancol dont je n’ai pas lu les romans mais dont j’ai beaucoup apprécié la biographie romancée sur Jackie Kennedy Une si belle image. Elle a évoqué son amour pour la lecture depuis l’enfance mais aussi et surtout sa volonté de discuter avec les inconnus.  Elle trouve dans l’observation de la réalité une inspiration pour créer ses personnages. Ces derniers sont clairement les piliers de ses romans, elle adore comme elle le confie, les rendre les plus crédibles possible et rentrer « sous leur peau ».

Nathalie Le Breton, Catherine Locandro, Michella Marzano, Charlotte Valandrey et Hélène Risser
Nathalie Le Breton, Catherine Locandro, Michella Marzano, Charlotte Valandrey et Hélène Risser

J’ai également beaucoup aimé l’intervention de Michella Marzano auteure de Ce que je sais de l’amour dans la cadre d’une table ronde intitulée « Confidences de femmes ». Son oeuvre très fortement autobiographie s’intéresse à la recherche de l’amour et ce que l’on peut être amener à faire pour plaire à une personne en dépit de notre propre personnalité.

Sarah Polacci et Axel Kahn
Sarah Polacci et Axel Kahn

Dimanche, j’ai assisté à des interventions que je pourrais qualifier de politiques et historiques. Tout d’abord celle d’Axel Kahn généticien à la retraite, homme de gauche ayant traversé à pied deux fois la France en 2012 et 2013 le tout à l’âge de 70 ans! Cet accro au réseaux sociaux a partagé son inquiétude à l’égard de la situation économique de certaines zones anciennement industrielles et aujourd’hui en crise. Mais il a aussi souligné la beauté et la contemplation des paysages qui ont occupé une place essentielle dans ses voyages. Enfin, Laurent Joffrin, le journaliste omniprésent dans les médias, a évoqué le troisième tome de son roman se déroulant durant l’Empire. Si je ne suis pas spécialement fan de Laurent Joffrin, j’ai trouvé son intérêt pour cette période historique sincère, il a fait un effort de recherche et s’est montré disponible pour échanger avec le public sur l’actualité.

Enfin, une mini exposition était consacrée aux centenaires de naissance de Marguerite Duras et Romain Gary. Je ne résiste pas à partager avec vous ce questionnaire de Proust de Romain Gary qui affirme par exemple qu’il « n’a pas d’ami » et que comme personnage fictif il aimerait être Anna Karénine « si elle ressemble à Greta Grabo ».

Romain Gary  Romain Gary

Délivre-nous du mal – Scott Derrickson

Delivre nous du mal

Synopsis: La violence et la noirceur, le sergent Ralph Sarchie connaît bien. Flic dans le Bronx, il est chaque jour témoin du pire de la nature humaine. Ce qu’il endure a même fini par affecter sa relation avec sa femme, Jen, et leur petite fille, Christina. Pourtant, rien ne l’avait préparé à l’affaire que lui et son partenaire Butler vont découvrir. Dépassé, Sarchie va devoir s’allier à un prêtre renégat dont la foi a souvent vacillé, qui tente de le convaincre que les horribles événements qui se multiplient sont liés à des possessions démoniaques… Ensemble, le policier et le prêtre accumulent les preuves que le Mal est à l’œuvre, et Sarchie est forcé de remettre en cause tout ce en quoi il a toujours cru pour combattre les puissances occultes qui menacent la ville et sa famille…

5,5/10

Critique: J’ai un peu hésité avant d’aller voir ce film, sorti sans promo en France, il semblait être une série B de surcroît proposée en VF dans ma ville. D’un autre côté, cela faisait longtemps que je n’avais pas vu un film avec Eric Bana, et je suis amatrice de films d’horreur. Le réalisateur reprend les thèmes de lieux hantés et de possession (il a réalisé L’exorcisme d’Emily Rose et Sinister) en les transposant dans un milieu urbain poisseux.

Les thèmes surnaturels sont clairement annoncés (notamment par le titre), mais le réalisateur prend le temps de planter un contexte social difficile ainsi que la complicité du duo de policiers formé par Ralph Sarchie (Eric Bana) et son jeune binôme qui ont tous les deux « la main lourde ». L’enquête se resserre progressivement autour de trois personnes commettant des « méfaits » et de leur passé qui est progressivement dévoilé. Le film progresse assez logiquement vers des scènes plus « surnaturelles », elles sont plutôt efficaces! Certains procédés sont originaux comme l’utilisation de musique  des Doors par les esprits afin d’atteindre Ralph Sarchie.

Une psychologie un peu lourde

Parallèlement, on nous montre à quel point la vie familiale de Ralph Sarchie souffre de son métier prenant et traumatisant. Ses discussions avec le prêtre Mendoza aborde de nombreux thèmes tels que l’addiction, le « pêché », le pardon, la rédemption… Tout cela est un peu trop appuyé.

En bref, il s’agit d’un film d’horreur efficace qui a le mérite de sortir du schéma classique et de mêler les phénomènes paranormaux à une enquête policière dans un milieu urbain violent. Cependant, certains passages « psychologisants » sont un peu lourds.

Vacances été 2014 – Aveyron-Montpellier-Sète

L’Aveyron est un département assez rural qui offre énormément de lieux intéressants à visiter même s’ils sont très éparpillés il vaut mieux donc pouvoir y circuler en voiture. J’ai pu découvrir de très jolis villages avec leurs patrimoine architectural comme Belmont-sur-Rance et son abbaye classée monument historique. De style gothique flamboyant, construite assez rapidement (1515-1524), elle témoigne de la volonté de Michel de Pontault prévôt des chanoines d’assurer l’influence du catholicisme sur ce village. La visite permet d’accéder au « clocher » et donc d’avoir une vue superbe sur le village et les paysages.

Rodez

Depuis l’ouverture du musée Soulages, Rodez reçoit beaucoup de touristes comme le décrit cet article de la presse locale. J’appréhendais un peu de ne pas comprendre l’oeuvre de Pierre Soulages mais le musée est construit de façon très pédagogique, la biographie et la démarche artistique sont régulièrement rappelées pour décrire les oeuvres présentées. L’exposition temporaire « Outrenoirs » est également consacrée à Pierre Soulages, j’ai trouvé les jeux de lumières et de matières vraiment très intéressants. Aussi étonnant cela puisse paraître, les oeuvres bien que noires font souvent penser à  la mer et aux mouvements des vagues. Leur aspect change sans cesse selon la position de l’observateur et sont très difficiles à prendre « fidèlement » en photo. À l’avenir, il y aura des expositions d’autres artistes peut être de Picasso selon un employé du musée… À suivre donc.

L’avantage avec le succès du musée Soulages c’est qu’il donne l’occasion de découvrir les deux autres musées de la ville à savoir le musée Fenaille et le musée Denys-Puech. Le musée Fenaille est consacré à l’histoire de l’Aveyron notamment à la préhistoire et à l’antiquité. Le musée contient en effet des statues-menhirs datant du IIIe millénaire avant notre ère. Au début j’étais un petit peu sceptique face à l’idée d’avoir délogé tous les menhirs, les avoir remplacer par des faux pour les exposer dans un musée. Au final, je trouve que c’est une bonne idée qui permet aussi de les préserver de l’usure. Ces menhirs représentent des silhouettes masculine ou féminines ornées d’accessoires gravés qui sont plus ou moins visibles selon la conservation de ces monuments. Le musée consacre également de nombreuses salles à la ville de Rodez (nom romain: Segodumun) sous l’antiquité.

Le musée Denys-Puech est lui « un musée de poche » comme le qualifient les conservateurs eux-même. On y trouve des sculptures très classiques datant de la IIIe République, ainsi que des oeuvres de peintres orientalistes.

Montpellier

J’ai déjà visité cette ville auparavant, je suis retournée au musée Fabre qui possède une belle collection avec certaines oeuvres de Gustave Courbet notamment. Je n’ai en revanche toujours pas pu visité la partie « Arts décoratifs » dans l’hôtel Sabatier d’Espeyran qui n’est ouvert que les après-midi.

Sète

Enfin, j’ai passé un après-midi à Sète durant lequel j’ai visité le musée Paul Valéry. La collection permanente du musée est plutôt modeste mais une exposition était consacrée au peintre Juan Miro. Le musée vaut le détour rien que la superbe vue qu’il propose sur la ville de Sète! Je n’ai pas eu le temps de visiter le musée Georges Brassens mais j’espère en avoir bientôt l’occasion!