Outlander – Saison 1

Outlander

 

Synopsis (Allociné): Les aventures de Claire, une infirmière de guerre mariée qui se retrouve accidentellement propulsée en pleine campagne écossaise de 1743. Elle se retrouve alors mêlée à des histoires de propriétés et d’espionnage qui la poussent à prendre la fuite et menacent sa vie.

Note: 05/10

Comme vous le savez sans doute, il s’agit d’une adaptation du roman de Diana Gabaldon Le chardon et le Tartan. Je ne l’ai pas lu mais j’ai été tentée par l’aspect dépaysant et historique de ce voyage dans le temps ainsi que par le format pour l’instant assez court (8 épisodes diffusés pour l’instant).

Beaucoup d’éléments de contexte sont introduits de façon naturelle car l’époux de l’héroïne est historien et s’intéresse dans le premier épisode à la période dans laquelle elle va être « transportée ». Elle même s’intéresse à la botanique et a acquis des notions de médecine durant la Seconde Guerre mondiale ce qui aura son importance une fois qu’elle se retrouvera au XVIIIe siècle. La série adopte un rythme assez lent et mélancolique qui convient parfaitement au destin particulier de l’héroïne qui doit survivre seule dans un milieu hostile.

Ses aventures nous permettent de découvrir les clans écossais du XVIIIe siècle à travers leur sociabilité mais surtout leur fonctionnement social et politique. L’histoire comporte en effet tout un volet politique à propos des relations entre les Ecossais et les Anglais.  En outre, elle respecte les différents dialectes ce qui est appréciable, la chanson qui sert de générique en est un bel exemple. Cependant, je doute de la réalité de certains détails notamment le fait de montrer les guerriers écossais comme des personnes apparemment assez chastes…

Un aspect eau-de-rose agaçant

Là où la série m’a déçu, c’est sur son aspect bien trop « Harlequin » ou Angélique marquise des anges. L’héroïne est dotée d’une forte personnalité et se trouve confronté à des situations complexes. Les évènements s’enchaînent et on les suit avec plaisir. Il n’y avait donc pas de réel besoin d’ajouter un aspect sentimentalo-érotique aussi prononcé. La multiplication de scènes  de nu ne servent pas l’histoire et donnent un aspect trop eau-de-rose à la série.

Il s’agit donc d’une série divertissante, les 8 épisodes se regardent assez rapidement. J’ai cependant regretté l’aspect trop « Harlequin » de l’histoire.

Ainsi soit Benoîte Groult – Catel

BCatel

Note: 06/10

Catel Muller est une dessinatrice déjà co-auteure avec José-Louis Bocquet de deux biographies très réussies consacrées à Kiki de Montparnasse et à la révolutionnaire Olympe de Gouges. Avec ce nouveau roman (bio)graphique elle dresse un portrait de Benoîte Groult romancière et féministe s’étant elle aussi intéressé à Olympe de Gouges. L’ouvrage n’est pas une simple biographie chronologique, il regroupe de longs récits de vie de Benoîte Groult mais aussi de nombreuses discussions entre Catel et Benoîte ainsi que des dessins des différentes résidences de la féministe croquées par Catel au gré de leurs entretiens.

Ce roman-graphique permet de découvrir le parcours original de Benoîte qui durant son enfance et le début de se vie d’adulte n’échappe pas aux stéréotypes et aux préjugés de son milieu social (forme de racisme durant son enfance, volonté d’être la femme au foyer idéal durant son mariage avec Georges De Caunes). Cependant, vers l’âge de 40 ans, Benoîte ne se contente plus de sa carrière littéraire, elle publie de nombreux essais féministes malgré les réticences de son éditeur. Le succès n’est pas immédiat mais elle fait preuve de persévérance. Bien qu’étant devenue une sorte de modèle, elle garde une forme d’indépendance et adopte par exemple une position à contre-courant des autres féministes lors de ‘affaire DSK. Sa vie familiale et personnelle recèle un nombre important d’anecdotes et de réflexions pertinentes sur le couple et la filiation.

Cependant, les longues discussions à propos des filles et petites-filles de Benoîte exerçant toutes un travail artistiques ne sont pas franchement passionnantes pour le grand public. Catel semble très admirative et fascinée par les cercles d’amis (éditeurs, artistes, acteurs) que Benoîte lui permet de rencontrer. J’ai trouvé que le récit de ces réceptions plombait un peu le rythme du livre.

Il s’agit donc d’une biographie originale à plus d’un titre, qui peut faire (re)découvrir Benoîte Groult à un large public. Elle aurait cependant gagné à être un peu plus concentrée autour des aspects biographiques les plus intéressants.

Magic in the Moonlight – Woody Allen

Magic in the Moonlight

Synopsis: Le prestidigitateur chinois Wei Ling Soo est le plus célèbre magicien de son époque, mais rares sont ceux à savoir qu’il s’agit en réalité du nom de scène de Stanley Crawford : cet Anglais arrogant et grognon ne supporte pas les soi-disant médiums qui prétendent prédire l’avenir. Se laissant convaincre par son fidèle ami Howard Burkan, Stanley se rend chez les Catledge qui possèdent une somptueuse propriété sur la Côte d’Azur et se fait passer pour un homme d’affaires, du nom de Stanley Taplinger, dans le but de démasquer la jeune et ravissante Sophie Baker, une prétendue médium, qui y séjourne avec sa mère.

Note: 8/10

Le Woody Allen de l’année est une comédie romantique bourrée de réflexions sur les apparences, la spiritualité et la possibilité d’être heureux sans Dieu ni superstitions.

Le personnage principal est comme souvent une sorte de double de Woody Allen. En effet, Wei Ling Soon est pessimiste, sarcastique et centré sur son art de magicien qui est sa seule réelle source de préoccupation et de satisfaction. Colin Firth a d’ailleurs confié dans une interview qu’il se mettait à imiter inconsciemment les expressions du réalisateur. L’acteur apporte cependant  une touche encore plus snob au personnage très british. À travers lui, Woody parvient à insérer de façon naturelle de très nombreuses réflexions acerbes sur les autres personnages et sur la condition humaine en citant notamment Nietzsche.

Cependant, sa rencontre avec la jeune Sophie Baker et sa complicité avec sa vieille tante Vanessa (très beau rôle offert à Eileen Atkins) le feront évoluer toute au long de cette comédie et parfois de façon très surprenante. Si le film est clairement une comédie romantique qui rappelle les couples qui se détestent et se chamaillent dans les films américains des 1940’s et 1950’s il propose d’autres niveaux de lecture.

Amour, magie et inquiétudes existentielles

Le film est traversé par l’angoisse et le pessimisme inhérents à la vie. Cette mélancolie peut être combattue de multiples façons. Woody Allen tourne en ridicule le quotidien de luxure promis par l’Adonis Brice (Hamish Linklater) à Sophie Baker. La pratique de la magie (ou un autre art) peut être un moyen de donner un sens à sa vie en s’appliquant à se perfectionner dans un domaine.

Cependant, le film montre bien l’insatisfaction du personnage et son besoin (in)conscient de stimulations bien plus profondes et difficiles à cerner que sont l’amour et toute forme de spiritualité, superstitions ou encore illusions . L’âge du personnage de Colin Firth et la jeunesse de sa rivale/partenaire de discussion rendent ces questions encore plus frappantes et installent une angoisse diffuse liée à la vieillesse et à la perspective de la mort.

Bref, Woody Allen réalise une comédie romantique aux dialogues à la fois drôles et profonds. il s’agit d’un film à voir et à revoir et que j’imaginerais repris sous d’autres formes (pièce de théâtre, scénario publié en livre…etc).

Gone Girl- David Fincher

Gone Girl

Synopsis (Allociné): À  l’occasion de son cinquième anniversaire de mariage, Nick Dunne signale la disparition de sa femme, Amy. Sous la pression de la police et l’affolement des médias, l’image du couple modèle commence à s’effriter. Très vite, les mensonges de Nick et son étrange comportement amènent tout le monde à se poser la même question : a-t-il tué sa femme ?

Note: 7,5/10

L’adaptation du roman Les Apparences de Gillian Flynn était très attendue, après une promo très élaborée et de nombreuses versions de la bande-annonce. Cette attente est à la hauteur de ce thriller psychologique formellement réussi et qui laisse le spectateur avec beaucoup de questions sur le couple et les relations hommes-femmes.

Comme je le sous-entends, j’attendais beaucoup ce film (sans avoir lu le roman) j’ai suivi attentivement la campagne de promo et les critiques presse. J’ai réussi à ne pas être spoilée! Le film nous immerge assez rapidement dans le quotidien de Nick dont le couple n’est plus qu’une façade. La disparition d’Amy intervient très rapidement et l’enquête tant policière que médiatique prend rapidement des proportions très importantes. Pourtant le film parvient maintenir un atmosphère assez intimiste proche du huis-clos entre Nick et sa soeur jumelle Margo (Carrie Coon). Il y a d’ailleurs  peu d’acteurs principaux, on peut ajouter la principale enquêtrice Rhonda Boney (Kim Dickens).

De nombreux rebondissements interviennent ensuite, il nous éclairent sur le passé du couple, leurs problèmes d’argent et les diverses manipulations psychologiques auxquelles ils se livrent. Amy, personnage a priori lisse est en fait extrêmement complexe. L’actrice Rosamund Pike est parfaite dans ce rôle très troublant. Je ne peux pas trop en dire, mais l’attitude des personnages renvoie vers des débats sur la mariage, le couple, et les manipulations en tous genre. Certains aspects m’ont rappelé un autre bon thriller psychologique: Effets secondaires de Steven Soderbergh sorti en 2013.

Comme cela a déjà été dit dans de nombreuses chroniques, David Fincher se livre à une critique féroce des médias, en particulier des chaînes de télévision sensationnalistes, ce qui donne lieu à de nombreux moments ridicules et comiques malgré la gravité des thèmes abordés.

Bref, si après le visionnage on se dit que certains rebondissements manquent de réalisme, le thriller est tout de même bien maîtrisé. J’aurais aimé que le scénario creuse certains points notamment la relation plutôt difficile entre Amy et ses parents mais le film dure déjà 2h30, difficile de demander davantage!  Au delà du plaisir du jeu de piste et de l’enquête il nous laisse avec de nombreuses questions et réflexions sur la psychologie des personnages et nous renvoie à nos propres questionnements. Je pense que je vais lire le roman!