Esprit d’hiver – Laura Kasischke

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Résumé: Lorsqu’elle se réveille ce matin-là, Holly, angoissée, se précipite dans la chambre de sa fille. Tatiana dort encore, paisible. Pourtant rien n’est plus comme avant en ce jour de Noël. Dehors, le blizzard s’est levé ; les invités ne viendront pas. Au fil des heures, ponctuées par des appels téléphoniques anonymes, Tatiana devient irascible, étrange, inquiétante. Holly se souvient : l’adoption de la fillette si jolie, en Sibérie… Holly s’interroge : « Quelque chose les aurait suivis depuis la Russie jusque chez eux ? »

Note: 06/10

Contrairement à ce que la couverture de la version poche laisse imaginer, il ne s’agit pas du tout d’un conte de Noël mais plutôt d’un thriller psychologique. C’est un roman dont j’avais énormément entendu parler sur les blogs et que j’avais dans ma PAL depuis un moment. Je l’ai lu en peu de temps pour coller au mieux à cet esprit de huis-clos d’une seule journée.

Le roman décrit en détail le déroulement de la journée d’Holly, en nous donnant accès à toutes ses pensées (souvent négatives et traduisant une angoisse) mais intègre également de nombreux détails sur son passé et principalement sur le jour de l’adoption de sa fille Tatiana qui s’était également déroulé en période de Noël.  Ce style de récit peut être comparable à Mrs Dalloways de Virginia Woolf  et rappelle également les romans de Joyce Carol Oates. En effet, Laura Kasischke aborde ici les déceptions de cette mère de famille américaine ayant renoncé à sa carrière littéraire et les relations pleines de faux-semblants qui la lient à ses invités. L’histoire ne sombre jamais dans le cliché de la Desperate Housewife américaine car le noeud du récit de situe ailleurs: dans la relation entre Holly et sa fille adoptive Tatiana.

En effet, 15 ans après l’adoption de sa fille, Holly est toujours subjuguée par cette dernière. La scène de la première rencontre avec le bébé de âgé de 7 mois est décrite à de multiple reprises. La beauté exotique de Tatiana ainsi que ses origines inconnues fascinent et inquiètent sa mère. Alors que l’adolescente semble avoir un comportement normal pour une jeune femme de son âge, sa mère semble dramatiser chaque action de sa fille. Au fur et à mesure du roman, cette obsession pour sa fille laisse imaginer une certaine fragilité psychologique d’Holly. Cela se traduit par beaucoup de répétitions dans le récit qui ont leur utilité (montrer l’incohérence des réflexions d’Holly) mais qui peuvent lasser le lecteur.

Le roman se termine par une chute que je n’avais pour ma part pas anticipé et dont j’avais encore moins imaginé les causes. Il s’agit donc d’un roman psychologique intéressant qui aborde le thème de la famille moyenne américaine auquel s’ajoute la thématique de l’adoption et des inquiétudes qu’elle peut provoquer.

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The Giver – Phillip Noyce

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Synopsis: Dans un futur lointain, les émotions ont été éradiquées en supprimant toute trace d’histoire. Seul « The Giver » a la lourde tâche de se souvenir du passé, en cas de nécessité. On demande alors au jeune Jonas de devenir le prochain « Giver »…

Note: 5,5

Il s’agit de l’adaptation d’un roman de science-fiction destiné à un public adolescent et paru en 1993. Dès sa sortie, l’acteur Jeff Bridges avait pour projet de l’adapter au cinéma en offrant le rôle du passeur à son père, l’acteur Lloyd Bridges. Cependant, l’adaptation n’a pu se faire que récemment. Le film sort donc dans l’ombre d’adaptations de romans plus récents (Hunger Games, Divergente) .

Le thème n’est pas très original, il s’agit d’un monde dans lequel les êtres humains sont privés de leurs émotions les plus fortes (jalousie, amour, haine…) et dans lequel la moindre minute de leur quotidien est organisée par les dirigeants de la communauté. Les habitations toutes identiques sont organisées de façon rationnelle comme dans la plupart des utopies. Elles rappellent certaines constructions de Le Corbusier par leur aspect épuré et fonctionnel (la Villa Savoye, la cité radieuse). L’originalité est plutôt à chercher du côté du choix du noir et blanc qui montre à quel point les personnages n’ont accès qu’à une petite facette du monde. Cet univers propose également un vocabulaire propre outre « The Giver », on peut citer « le gardien de la mémoire », « la cellule familiale », le fait d’être « élargi » ou encore l’injonction récurrente réclamant « la précision du langage ».

Le personnage de Jonas (Brenton Thwaites) découvre donc à travers des sortes de visions des moments forts vécus par des humains avant lui comme le fait d’assister à la mort d’une personne par exemple. Il ne s’agit en aucun cas d’évènements historique avec un grand H comme le laissent entendre certains synopsis ou résumés. Malheureusement les images de ces « visions » semblent avoir été récupérées sur une quelconque base de données mêlant images publicitaires et documentaires animaliers. Ce manque de travail et d’originalité nuit fortement au film puisque la force et la beauté de ces images sont censés être les sources des changements qui apparaissent chez Jonas.

En effet, cette formation de « gardien de la mémoire » modifie les idées et le comportement de Jonas qui souhaite que sa communauté récupère toute sa dimension humaine. Comme tout héros, il est plus ou moins aidé par ses deux amis Fiona et Asher. Les évènements s’accélèrent de manière un peu « facile » et manipulent quelque peu nos émotions autour du destin d’un être fragile que Jonas fera tout pour protéger.

Si on a envie d’être indulgent avec ce projet de longue date certains défauts (les images-visions, une certaine simplicité de l’intrigue) lui donne un aspect série B face à des films comme Hunger Games.

Dans l’ombre de Charonne – Désirée et Alain Frappier

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Résumé: Maryse, une jeune lycéenne de 17 ans, décide de participer avec ses copains de lycée à une manifestation contre le fascisme et pour la paix en Algérie. Nous sommes à Paris, en 1962. 50 ans plus tard, Maryse Douek-Tripier, devenue sociologue, profondément marquée par ce drame dont elle est sortie miraculeusement indemne, livre son témoignage à Désirée Frappier. 

Note: 7,5/10

Critique: Après le roman-graphique consacré à Benoîte Groult, je poursuis l’histoire du XXè siècle à travers la bande-dessinée. Les auteurs consacrent cet ouvrage à l’épisode dit du « Métro de Charonne » . Il s’agit d’une manifestation ayant eu lieu le 8 février 1962 et qui a provoqué la mort de 8 manifestants sous la pression et les coups des forces de l’ordre. Ce thème est très peu assumé politiquement par la France, l’ouvrage s’inscrit dans une sorte de devoir de mémoire à l’occasion des cinquante ans  de l’indépendance algérienne (1962-2012).

Les auteurs prennent le temps de remettre les évènements dans leur contexte politique mais aussi de présenter la jeune Maryse. Immigrée d’origine égyptienne, elle est apatride. Dans l’espoir d’une naturalisation future, ses parents lui demandent de rester discrète et de ne pas trop s’engager politiquement. Cependant, le jeune femme étudie dans un lycée très élitiste et « moderne » pour l’époque et de nombreux débats politiques s’y développent.

Un dessin au service du sujet

Contrairement à la couverture, la totalité de l’ouvrage est en noir et blanc et en niveaux de gris. La forme s’adapte totalement aux faits exposés: on trouve ainsi de longs textes couvrants des pages entières, des reproductions de coupures de presse, des cartes…etc. Les auteurs reconstituent les faits en s’appuyant sur les travaux historiques (cités en bibliographie) et tentent de montrer les responsabilités de chacun alors que 50 ans après les faits aucun procès n’a eu lieu. Le témoignage de Maryse est parfois flou concernant les  bousculades et les violences, ainsi elle affirme que cela lui a  laissé « peu de souvenirs mais beaucoup de stigmates ».

Il s’agit donc d’un ouvrage sobre qui permet de vulgariser une histoire méconnue. Le couple a également co-écrit un autre ouvrage plus léger sur les années 1980 intitulé La vie sans mode d’emploi et qui commence à avoir une petite notoriété.

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Séances cinéma d’octobre 2014

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Pride – Matthew Warchus  Note: 07/10

Pride s’inscrit clairement dans la lignée des films anglais qui mêlent habilement questions sociales et humour. Les personnages sont un peu stéréotypés mais le film qui dure presque deux heures leur permet d’évoluer. Ces personnages sont d’ailleurs presque tous basés sur des personnes ayant réellement existé. C’est toujours un plaisir de retrouver Bill Nighy mais aussi Andrew Scott (alias Moriarty pour les initiés) ou encore Dominic West (vu dans les séries The Wire et The Hour). Je n’ai rien de spécial à dire sur ce film sinon qu’il remplit bien sa « mission » de montrer la mise en place de la solidarité entre gays et mineurs en grève et l’évolution de leurs préjugés réciproques. Cependant pour garder son dynamisme le film aurait peut être dû durer une dizaine de minutes de moins.

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Elle l’adore – Jeanne Herry Note: 7,5

Avec Elle l’adore, Jeanne Herry réalise un premier film très malin. L’intrigue se met très rapidement en place et ne laisse pas vraiment le temps d’apprécier les caractères du chanteur (Laurent Lafitte) et de l’esthéticienne-groupie (Sandrine Kiberlain). On les découvrira lors de l’enquête policière… Cette est bien plus réaliste que ce que l’on voit habituellement au cinéma. En effet, elle permet de montrer les moyens de recherches et de surveillance limités, la fatigue et l’usure tant des gardés à vue que des enquêteurs. Sandrine Kiberlain fait merveille dans ce film sombre mais difficile à classer. Laurent Lafitte s’en sort bien même si pour moi il n’a pas vraiment le physique des « chanteurs pour femmes ».

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Mommy – Xavier Dolan Note: 04/10

Le nouveau Xavier Dolan m’a paru extrêmement long et décevant. Certes les acteurs sont parfaits (Anne Dorval, Suzanne Clément, Antoine Pilon) et donnent vie de manière crédibles à ces trois personnages qui luttent contre leurs difficultés. L’adolescent montre bien les difficultés des maladies  (hyperactivité…) dont il souffre tout en gardant un aspect charmeur. Mais malgré quelques moments forts, le film est trop long et plat, j’ai à peine remarqué les modifications du format de l’écran selon l’état d’esprit des personnages… J’attendais une réalisation beaucoup plus audacieuse de la part de Xavier Dolan.

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Le labyrinthe – Wes Ball Note: 07/10

Je suis allée voir cette nouvelle « saga » pour adolescents par curiosité. L’histoire d’adolescents régulièrement amenés dans une sorte de réserve entourée d’un labyrinthe est intrigante. L’action est très présente puisque les évènements s’accélèrent durant les trois jours suivants l’arrivée de Thomas (Dylan O’Brien). Une place importante est accordée aux débats entre les adolescents ce qui est plutôt original pour ce type de films tout comme l’absence pour l’instant de romance. Les révélations finales donnent envie de voir la suite et/ou de lire cette saga. Bref une agréable découverte!

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Le Juge – David Dobkine Note: 6,5/10

Je trouve qu’on a trop peu parlé de ce film dans la presse. Il s’agit d’un scénario assez stéréotypé, celui du fils arrogant (Robert Downey Jr) qui rentre dans son Indiana natal pour les funérailles de sa mère. Il y restera finalement des semaines, pour défendre son père (Robert Duvall), accusé d’homicide volontaire  et avec qui il ne s’entend pas. Le film est très influencé par le cinéma de Clint Eastwood (relations familiales difficiles, conséquences physiques de la vieillesse du juge…). Le scénario déroule habilement les rebondissements liés au procès et à l’enquête ainsi que les révélations et mises au point familiales. Les ficelles sont un peu grosses j’ai plutôt bien accroché pour ma part.