Top 5 cinéma 2014

Ida

1er Ida – Pawel Pawlikowski

Ida est de très loin le plus beau film j’ai vu cette année. L’histoire de cette jeune « nonne juive » et de sa tante Wanda à la recherche du passé tragique de leur famille est traité avec subtilité. Les deux femmes en sortent transformées par les découvertes qu’elles font et les rencontres (notamment celle d’un jeune et beau saxophoniste). Les conséquences de cette enquête restent tout même crédibles et dans la continuité du caractère de chacune d’elles. C’est aussi l’occasion d’évoquer la mémoire étouffée de la Shoah en Pologne.

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2e 12 years a slave – Steve McQueen III

À travers le destin singulier de Salomon,  Steve McQueen III dresse un tableau de la condition d’esclave entre pénibilité du quotidien et espoir fou de s’en sortir. Cela donne lieu à de nombreux passages durs et crus, aux portraits de personnages sadiques mais le réalisateur souligne également la beauté de certains moments malgré l’horreur de la condition d’esclave.

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3e Sils Maria – Olivier Assayas

Le thème du film n’est pas très original mais il est interprété avec talent par Juliette Binoche et Kristen Stewart. Leurs échanges sur le métier d’actrice, le vieillissement ou l’amour ne sont jamais ennuyeux. Chloé Moretz est agaçante à souhait dans son rôle de jeune star représentant les dérives actuelles du cinéma (jeunisme, médiatisation de sa vie privée…). Le film offre de multiples niveaux de lecture.

GoneGirl

4e Gone Girl – David Fincher 

Un thriller particulièrement réussi grâce en grande partie à son personnage principal: la mystérieuse Amy personnage retors interprétée merveilleusement par Rosamund Pike. Je ne suis réjoui de voir un personnage féminin aussi complexe. Malgré quelques maladresses, l’intrigue est solide et soulève de nombreux questionnement sur le couple mais aussi sur les clichés à propos des rapports femmes/hommes, de leur perception par la société et les médias ainsi que l’influence de ces derniers sur une enquête policière.

Magic in the Moonlight

5e Magic in the Moonlight – Woody Allen

Ce choix n’est pas très surprenant compte tenu de mon admiration pour le réalisateur. Tout en déroulant le thème relativement simple de l’amour naissant entre un couple mal assorti, Woody Allen aborde de multiples thèmes: le pessimisme, la volonté de se réfugier dans des illusions ou encore l’orgueil.

L’année 2014 a été une belle cuvée même si je suis assez triste de voir aussi peu de films réalisés par des femmes alors que ces dernières sont souvent scénaristes (comme pour Gone Girl). Quelques réalisatrices tirent tout de même leur épingle du jeu comme Léa Frazer avec MaestroAnne Fontaine avec Gemma Bovery ou encore Jeanne Herry avec Elle l’adore.  Vivement 2015 avec notamment le nouveau film d’Angelina Jolie!

Les personnages féminins m’ont semblé être davantage mis en valeur, mon Top 5 en témoigne, on pourrait y ajouter par exemple Mommy qui dresse le portrait de deux femmes battantes. espérons que la  dynamique se poursuive.

J’ai raté des films qui m’intéressaient comme Winter Sleep de Nuri Blige Ceylan ou encore Only lovers left alive de Jim Jarmusch mais je compte me rattraper avec le festival Télérama.

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Le don du roi-Michael Hoffman

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Note 5,5/10

Résumé: En Angleterre, l’année 1660 voit la fin de l’austère dictature de Cromwell et le retour au pouvoir de la famille royale en la personne de Charles II, souverain spirituel, éclairé et libertin. C’est dans ce contexte que nous allons suivre les aventures de Robert Merivel, jeune médecin obscur, appelé à la cour pour soigner la chienne favorite du roi.

Derrière un aspect « film de cour », se cache en fait un véritable récit picaresque dans lequel le personnage de Robert Downey Jr (étonnamment jeune, le film date de 1995) navigue entre des mondes radicalement différents cour du roi/vie misérable, grand domaine/vie itinérante. Les personnages sont également assez manichéens. Cela donne au film un aspect clairement baroque.

En effet, le monde de la médecine anglaise du XVIIe siècle est montré dans toute sa dureté (y compris la psychiatrie) ce qui pousse Robert Merivel à être particulièrement réceptif aux offres du roi. Contrairement à lui, son ami John Pearce (David Thewlis alias Remus Lupin dans Harry Potter) exerce son métier avec abnégation et sobriété. S’ensuit la rapide promotion de Robert Merivel devenu un instrument utile pour le roi et bénéficiant grâce à cela de nombreux privilèges. Robert est opportuniste mais il peut être assez sensible lors de certaines circonstances. On redécouvre à l’occasion un Robert Downey Jr particulièrement expressif notamment au niveau du regard.

Cependant, le personnage connaîtra plusieurs revirements de fortunes et retours en grâce qui rendent le film bien trop rocambolesque pour être crédible. L’idée de mettre en scène des personnages entièrement dépendants des caprices du roi était particulièrement intéressante. Mais le scénario est trop maladroit, plusieurs intrigues sont abandonnées tandis que d’autres surgissent de nulle part… Reste le plaisir de voir de nombreux acteurs connus à une époque où ils étaient plus jeunes comme Polly Walker (Alias Atia dans la série Rome) ou encore Hugh Grant en peintre au service du roi.