Pas pleurer – Lydie Salvayre

paspleurercouverture Note: 7,5/10

Résumé: Deux voix entrelacées. Celle, révoltée, de Georges Bernanos, témoin direct de la guerre civile espagnole, qui dénonce la terreur exercée par les nationaux avec la bénédiction de l’Église catholique contre les « mauvais pauvres ». Son pamphlet, Les Grands Cimetières sous la lune, fera bientôt scandale. Celle, roborative, de Montse, mère de la narratrice et « mauvaise pauvre », qui, soixante-quinze ans après les événements, a tout gommé de sa mémoire, hormis les jours radieux de l’insurrection libertaire par laquelle s’ouvrit la guerre de 36 dans certaines régions d’Espagne, jours que l’adolescente qu’elle était vécut avec candeur et allégresse dans son village de haute Catalogne.

Critique: Parmi les romans de la rentrée littéraire qui se partagent les récompenses, nombreux sont ceux qui s’inspirent de faits historiques ou d’histoires vraies ce qui peut être un peu lassant. Cependant je m’intéresse particulièrement à l’histoire de l’Espagne et il se trouve que ce pays a une trajectoire assez originale au XXe siècle.

Grâce au témoignage de sa mère et avec une sympathie évidente pour les libertaires Lydie Salvayre décrit l’effervescence d’un village catalan en 1936. Elle décrit brillamment avec quelle facilité les habitants du village peuvent changer de bord politique et quels changements sociaux cela amène. Ainsi deux personnages se disputent le leadership politique. Il y a tout d’abord José le charismatique frère de Montse qui est de la branche libertaire. Il fait face à Diego jeune homme roux adopté par les plus grands notables du village et qui est en quête de reconnaissance, il est « rouge stalinien ».

Au milieu de ces transformations, Montse à peine âgée de 15 ans va vivre de multiples expériences qui la changeront à jamais, il s’agit donc clairement d’un récit d’apprentissage. Dans le dernier tiers du livre, les liens familiaux entre les différents personnages du livre et Lydie Salvayre deviennent plus clairs et très émouvants.

Le style peut dérouter. Il s’agit d’un récit à l’image du flot incessant de paroles de Montse (âgée) avec une présence de mots espagnols ainsi qu’un mélange entre espagnol et français. Le texte est assez compact et les citations de Georges Bernanos sont intégrées au reste du texte.

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2 réflexions sur “Pas pleurer – Lydie Salvayre

  1. C’est un roman qui m’a beaucoup éclairée sur cette période historique. Et la construction lui donne une touche particulière assez séduisante. Un prix mérité

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