Phoenix – Christian Petzold

Phoenix-affiche

Synopsis (Première): Juin 1945. Grièvement défigurée, la chanteuse Nelly Lenz, seule survivante d’une famille déportée à Auschwitz, retourne dans un Berlin sous les décombres. Elle est accompagnée de sa fidèle amie, Lene. Tout juste remise d’une opération de reconstruction faciale, elle part à la recherche de son mari, Johnny, malgré les mises en garde suspicieuses de Lene. Johnny est convaincu que sa femme est portée disparue. Quand Nelly retrouve sa trace, il ne voit qu’une troublante ressemblance et ne peut croire qu’il s’agit bien d’elle. Dans le but de récupérer son patrimoine familial, Johnny lui propose de prendre l’identité de sa défunte épouse.

Note: 5,5/10

Critique: Après avoir traité de l’Allemagne de l’est dans son précédent film Barbara, Christian Petzold inscrit son nouveau film dans l’Allemagne année zéro. Il s’agit en fait d’une adaptation libre du roman Le retour des cendres de Hubert Monteilhet. Les thème s’inspire également de grands classiques du cinéma comme Vertigo d’Alfred Hitchcock et Les yeux sans visages de Georges Franju. Dès le début du film, certains éléments du passé de Nelly ne sont pas très clairs comme le fait qu’elle ait quitté l’Angleterre en 1938 pour revenir en Allemagne alors qu’elle se savait menacée en tant que juive. À son retour des camps, l’unique obsession de Nelly est de retrouver son mari Johnny, pianiste. Pour cela, elle écume les clubs de Berlin toute les nuits pour finalement le retrouver travaillant comme homme à tout faire dans un club nommé Le Phoenix.

Un double aveuglement  

Dès leur retrouvailles, Johnny ne cherche même pas à savoir comment Nelly connaît son surnom, il lui propose immédiatement de se faire passer pour sa femme à qui elle « finira par ressembler » si elle suit ses conseils. Il est peut crédible que Johnny (ou Johannes comme il se fait désormais appeler) ne reconnaisse pas son épouse pour toute une série de raisons (son écriture, ses remarques sur leurs habitudes, ses références à la vie dans les camps). Il fait preuve d’un déni qu’on pourrait interpréter de multiples façons. C’est tout d’abord un mari qui ne veut pas faire face au retour d’une femme qu’il avait effacé de sa vie. C’est aussi plus largement une société allemande (voire européenne) qui ne sait pas comment réagir face aux survivants des camps et préfère ignorer leurs témoignages. Du coté du Nelly on trouve le même aveuglement, même si elle a de multiples preuves du désintérêt de son Johnny pour elle, elle espère voir leur couple redevenir comme avant. La perspective d’émigrer en Palestine la laisse indifférente, tout ce qu’elle veut c’est un impossible retour vers le passé.

Le problème c’est que ces considérations psychologiques passent très mal à l’écran, malgré le talent des acteurs, les faits montrent à quel point ce double aveuglement est concrètement improbable. Il faut beaucoup de bonne volonté aux spectateurs pour accepter cette métaphore proposée par la réalisateur.

Je vous laisse avec l’interprétation d’une belle chanson « Speak Low » 1943 que Nelly aime particulièrement chanter.

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2 réflexions sur “Phoenix – Christian Petzold

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