Tristesse de la terre – Eric Vuillard

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Résumé: On pense que le reality show est l’ultime avatar du spectacle de masse. Qu’on se détrompe. Il en est l’origine. Son créateur fut Buffalo Bill, le metteur en scène du fameux Wild West Show.

Critique: Eric Vuillard démystifie le personnage de Buffallo Bill Cody dans un récit qui mêle descriptions historiques, passages romancés et photographies qui tiennent une place à part entière. L’auteur dresse un portrait amer du succès rencontrés par les spectacles de Buffallo Bill et de leurs conséquence sur l’image des amérindiens dans le monde occidental.

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A l’image de certains spectacles de l’antiquité romaine Bufallo Bill reconstitue avec de grands moyens les batailles légendaires qui opposent les Amérindiens à l’armée américaine comme celle de Little Big Horn mais aussi le massacre de Wounded Knee dont il modifie allègrement le déroulement. Il pousse la mise en abîme jusqu’à engager des Amérindiens ayant réellement participé à ces affrontements. L’adéquation entre ces mises en scènes malhonnêtes et l’appétit du public américain et européen donne un sentiment de malaise au lecteur.

« Rien n’arrête le démon de la mise en scène, rien ne remplit assez le tiroir caisse. Et aussitôt les curieux se pressent, la ville veut mieux voir. On ne voit jamais assez. Il y a quelque chose il y a quelque chose de grand et de beau, ou peut être de très affreux et très vulgaire, qui nous échappe toujours. »

Selon Eric Vuillard, Buffallo Bill n’a pour seul talent que d’avoir su comprendre l’appétit du plus grand nombre pour ce type de spectacles.  A coup de mises en scène et merchandising il transforme l’image des Amérindiens. L’un des exemple le plus emblématique est le fameux cri de sioux que nous avons tous fait enfants et qui est une pure invention.

De ce récit, se dégage donc une violence faite aux survivants de ces batailles mais à la mémoire du peuple amérindien en grande partie décimé. L’un des constats douloureux que l’on peut faire à la fin de ce roman est que le spectacle de masse a tué une seconde fois une civilisation.

romanetudiants

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5 réflexions sur “Tristesse de la terre – Eric Vuillard

  1. A mon sens, ce roman fait écho notamment au Dernier des Égyptiens de Gérard Macé. C’est un court roman (ou une nouvelle) extrêmement bien écrite. On y voit notamment Champollion se passionner pour le livre de J. F. Cooper, Le dernier des Mohicans… que je n’ai pas lu mais qui fait très certainement aussi écho à Tristesse de la terre !
    En tout cas, ton article m’ouvre une nouvelle piste de lecture 😉

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