American Sniper – Clint Eastwood

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Note: 07/10

Synopsis (Allociné): Tireur d’élite des Navy SEAL, Chris Kyle est envoyé en Irak dans un seul but : protéger ses camarades. Sa précision chirurgicale sauve d’innombrables vies humaines sur le champ de bataille et, tandis que les récits de ses exploits se multiplient, il décroche le surnom de « La Légende ».

Chronique: Ce film a déjà été beaucoup commenté sur la toile et cela fait un petit bout de temps que je l’ai vu mais je souhaitais tout de même rassembler mes pensées dans une chronique. En effet, si ce film n’est pas parfait, je suis assez surprise de voir à quel point les spectateurs le considèrent comme une oeuvre de propagande au service de l’action américaine en Iraq. Je vais donc essayer d’avancer les éléments qui selon moi prouvent que American Sniper n’est pas à la gloire de la guerre en Iraq.

Tout d’abord, il suffit de voir la vie que mène Chris Kyle avant de s’engager en Iraq. Il participe à des tournois de rodéo de seconde zone en compagnie de son frère et semble totalement perdu dans sa vie sentimentale. Vers l’âge de 25 ans (il en paraît plus dans le film), sans attaches, il décide d’accomplir quelque chose de sa vie, de se lancer un défi en partie physique en intégrant l’armée. Les attentats du 11 septembre lui paraissent comme imposants nécessairement une guerre extérieure pour protéger les Etats-Unis. Cependant, son épouse ne partage pas son point vue et tout au long du film lui rappelle à quel point la protection de ses proches ne passe pas par la guerre en Iraq. Le film ne présente pas une seule vision de la guerre, d’autres témoignages négatifs à l’égard du conflit apparaissent durant le film.

De plus, tout au long du film on voit très bien à quel point les militaires n’ont pas accès à une réelle vision globale ou stratégique du conflit. Les « ennemis » iraqiens sont globalement montrés sous un jour négatif car ils sont vus du point de vue de Chris Kyle. Pour lui, ils sont une source de danger ou une possibilité d’obtenir des informations. L’expérience de Chris Kyle est décrite de façon exhaustive, on voit la peur, les positions de faiblesse lorsque c’est lui la cible de snipers iraqiens, les décès de ses coéquipiers…etc. C’était sans doute le principal objectif du réalisateur et il met tout son talent avec une mise en scène sobre, rythmée et très réussie.

La faiblesse du film, réside selon moi dans le traitement des troubles psychologiques provoqués par la guerre. Chris Kyle semble à plusieurs reprises s’en sortir uniquement grâce à sa bonne volonté et à l’amour de sa famille. Ce n’est absolument pas crédible mais il s’agit peut être d’une manière de souligner le peu d’encadrement que reçoivent les soldats à leur retour au pays.

Enfin, les 5 dernières minutes pétries de bons sentiments et de l’imagine idyllique de la famille texane « gâchent » qui tenait la route jusque là. Le générique est carrément grotesque, donnant une dimension d’Homme d’Etat à ce personnage certes charismatique mais dont l’importance semble largement exagéré.

Au final, ce film est loin d’être le meilleur de Clint Eastwood, mais il permet cependant d’évoquer l’expérience d’un personnage trouble et parfaitement interprété par Bradley Cooper. Seule la fin, par son manque de finesse plombe ce film.

Rive gauche à Paris

Ce mardi 17 mars avait lieu la cérémonie de remise du prix du Roman des étudiants à Eric Reinhardt pour L’amour et les forêts.

J’ai profité de l’après-midi pour visiter le Panthéon pour la première fois. Il s’agit d’un monument particulièrement majestueux et solennel. Comme vous le savez tous, il s’agit d’un monument religieux qui devait à l’origine être consacrée à Sainte-Geneviève protectrice de Paris. Il devint au moment de la Révolution un monument à la gloire des grands hommes de l’Histoire de France. Si les régimes successifs des XIXe et XXe siècles modifient le monument (jouant plus ou moins sur l’aspect religieux), le Panthéon est aussi un symbole de continuité de la nation française.

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La Convention nationale François Sicard (1921-1924)

La visite du monument est assez intimiste et émouvante. L’atmosphère est plutôt au recueillement. On distingue un niveau constituant la partie « principale » et la crypte au niveau inférieur. De manière plus pragmatique il faut savoir qu’il s’agit d’un lieu très sombre en particulier la crypte et où la température est très basse!

L’Exposition temporaire s’intéressait à la postérité et l’influence de  Jean Jaurès. J’ai trouvé cet angle intéressant et une fois de plus assez émouvant lorsque ses obsèques ou la mort de son fils durant la Première Guerre mondiale sont évoqués.

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Je me suis allée me balader dans le quartier Saint-Michel et au Jardin du Luxembourg.

Le soir je me suis rendue à la soirée de remise du Prix du Roman des étudiants à Eric Reinhart donc. J’y ai retrouvé Violette, une autre jurée de ma ville et j’ai pu faire la connaissance de plusieurs autres jurés même si les Parisiens se connaissaient déjà très bien entre eux! Bref, je vous conseille, si vous êtes étudiants de participer à cette aventure l’an prochain c’est très chouette!

Echapper – Lionel Duroy

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Présentation de l’éditeur: Avec la profondeur et l’intensité narrative qu’on lui connaît, Lionel Duroy parvient à mêler dans un même récit des thèmes aussi variés que la création littéraire, l’origine du mal et le deuil de la relation amoureuse.

Critique: A condition de s’accrocher un peu au début, Lionel Duroy nous permet de faire un beau voyage sur les thèmes de création artistique et du couple. En effet, ce roman évoque son voyage en Allemagne et au Danemark à la redécouverte d’un peintre Emil Nolde expressionniste et aquarelliste qu’il a découvert dans un roman biographique: La leçon d’allemand de Sigfried Lentz. C’est donc l’occasion pour lui de découvert la vraie personnalité de cet artiste et notamment les deux mariages avec deux femmes totalement dévouées. Le narrateur en revanche, Augustin, peine à se remettre de son divorce avec Esther et questionne ses déceptions amoureuses.

Si la structure narrative se fait sur plusieurs niveaux, le style est lui simple et fluide si bien qu’on est facilement touché par Augustin et que l’on suit avec plaisir ses découvertes et ses réflexions. Augustin (qui est ouvertement le double de Lionel Duroy) dévoile ses sentiments les plus intimes en tant qu’amoureux et en tant qu’écrivain. Son roman est entre autre l’occasion d’évoqué les conjoints des artistes: dévoués, décevants, choqués de devenir les personnages d’une oeuvre d’art…etc.

Ce beau roman n’échappe pas à quelques maladresses, les personnes rencontrées au cours de son voyage sont pour la plupart de braves gens plutôt bourrus mais avec un bon fond. Cette uniformité des personnages secondaires est lassante et peu crédible. D’autre part, Lionel Duroy émet un parallèle entre les artistes interdit de créer sous le régime nazie avec les pressions que lui subit de la part de sa famille à cause de ses ouvrages autobiographiques. Ce comparaison me semble très osée!

Malgré ces maladresses, Lionel Duroy nous offre un ouvrage sincère dans lequel les thèmes aussi universels que le couple sont questionnés.

Roman lu dans le cadre du Prix du Roman des étudiants France-Culture- Télérama

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