Big Eyes – Tim Burton

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Synopsis (Allociné): Big Eyes raconte la scandaleuse histoire vraie de l’une des plus grandes impostures de l’histoire de l’art. À la fin des années 50 et au début des années 60, le peintre Walter Keane a connu un succès phénoménal et révolutionné le commerce de l’art grâce à ses énigmatiques tableaux représentant des enfants malheureux aux yeux immenses. La surprenante et choquante vérité a cependant fini par éclater : ces toiles n’avaient pas été peintes par Walter mais par sa femme, Margaret.

Note: 05/10

Critique: Tim Burton livre un film en demi-teinte à propos d’un scandale qui avait pourtant un grand potentiel.

Le premier plan du film nous montre une banlieue proprette des années 1950, on pourrait se croire dans le lotissement d‘Edward aux mains d’argent, chef d’oeuvre du réalisateur. Par la suite, la scène de fuite du premier domicile conjugal au volant d’une voiture rappelle de nombreuses scènes cultes du cinéma.

Tim Burton déroule la rencontre entre Margaret et un artiste beau-parleur et dragueur. On comprend que cette femme timide et sensible puisse être impressionnée par ce personnage. Le mariage survient rapidement compte tenu de l’époque et de sa situation difficile de mère divorcée. Le mari prend la carrière de son épouse en main et tente d’exposer ses « Big Eyes ». S’en suit une critique féroce du comportement de son mari et de la presse mondaine.

Le problème est que Tim Burton ne livre jamais de réel point de vue artistique sur ces Big Eyes. Il se contente de répéter que les personnes achètent les Big Eyes parce qu’ils les « touchent ». Mais est-ce réellement de l’art? Que penser des reproductions (sous forme de poster…etc.) des oeuvres d’art? Si les oeuvres de Margaret ne sont pas des oeuvres d’art le scandale et la critique du monde de l’art serait alors au moins double. D’autre part, en approfondissement la psychologie de Margaret, le scenario aurait pu être plus abouti.

Tim Burton esquive ces sujets passionnants pour se contenter de montrer la douceur et la fragilité de Margaret. Si les deux acteurs sont parfaits, le film manque de rythme. On assiste cependant à une scène d’anthologie au tribunal dans laquelle Christoph Waltz peut pousser la duplicité de son personnage à l’extrême et apporter une pointe d’humour bienvenue.

Au final, si le film est correct formellement, il se montre un peu trop bienveillant avec le personnage principal (encore vivante) et manque l’occasion d’apporter une reflexion intéressante sur l’art contemporain.

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8 réflexions sur “Big Eyes – Tim Burton

  1. Mince ! Je suis allée le voir le week-end dernier, et contrairement à toi j’ai été emballée (pour une fois, je ne me suis pas ennuyée pendant un film en allant au ciné). J’écrirai bientôt un billet pour parler de mes ressentis.

    J’ai eu un quasi coup de coeur, mais je comprends ton point de vue pour ce qui est du manque de réflexion autour de l’art contemporain. Je pensais que ça aurait été plus creusé, mais je m’intéressait plus au côté psychologie des personnages donc c’est vrai que j’ai été moins gênée là-dessus!

  2. Moi aussi j’ai bien aimé. Le fait qu’il ouvre les sujets sans prendre partie m’a plu. Le point de vue peut varier dans le temps. Cela m’a fait penser à l’oeuvre de Jeff Koon. Mais je comprends ton point de vue.

  3. Je préfère ses films d’animation où son style est reconnaissable à ses films. Je regarderais celui-là à l’occasion…

  4. Pas particulièrement attirée par ce film, d »autant plus que Tim Burton ne cesse de me décevoir ces dernières années. Avant je n’aurais manqué pour rien au monde d’aller voir un de ses films au cinéma, plus maintenant ^^ »

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