Le bois du rossignol – Stella Gibbons

Le-Bois-du-Rossignol-Stella-Gibbons-Editions-Heloise-d-Ormesson

Résumé: Mariée très jeune, Viola Wither se retrouve veuve à vingt et un ans et contrainte de quitter Londres pour emménager avec sa belle-famille pingre et austère, dans leur demeure de l’Essex. Elle y côtoie sa belle-sœur Tina et, de l’autre côté de la vallée, Victor Spring, son amour secret de jeunesse. 

Chronique: Stella Gibbons (1902-1989) est souvent présentée comme la Jane Austen du XXe siècle. Après la lecture de ce roman, je dirais qu’on est plus proche de Mansfield Park ou d’Emma que d’Orgueil et préjugés. Car il faudrait préciser d’emblée que roman est assez long (520 pages) et qu’il n’a pas un style très « enlevé ». Au contraire l’auteure prend le temps de décrire avec ironie le quotidien de quelques familles d’un petit village qui ne se situe pas très loin de Londres. Il se passe peu de choses durant une grande partie du roman mais le lecteur pressent que des bouleversements se préparent.

« Aux Aigles, la famille s’était rassemblée au salon en cette heure morne où le thé est passé depuis longtemps sans que le dîner soit encore en vue. C’était une scène tranquille qui aurait irrité un communiste. »

L’auteure évoque avant tout les traditions encore très présentes (mariage, famille, argent) malgré les évolutions d’une société un peu moins rigide (Viola a par exemple été employée dans un magasin avant de se marier). Le ton est donc ironique mais reste aussi très sage, le narrateur se comporte comme s’il relayait des commérages à l’occasion d’un thé entre dames respectables, certains mots sont même passés sous silence et décrits à travers des périphrases. Cet aspect un peu sage de l’auteure m’a déçu même s’il correspond sans doute à sa personnalité.

L’un des autres grands thèmes en dehors des traditions, est selon moi la faiblesse de caractère des personnages. Même s’ils ont tous des qualités et des ambitions à l’image du chauffeur Saxon qui rêve de séduire une demoiselle de famille riche, les personnages ne sont pas conscients de leurs défauts ou faiblesses. Le narrateur se plaît à souligner leur naïveté ou leur manque d’expérience ce qui est très drôle à suivre pour le lecteur qui est finalement plus renseigné que les personnages.

Il s’agit donc d’un roman très agréable à lire même j’aurais aimé un peu plus de nerf et une plus grande audace de l’auteure (on a déjà lu plus cru à des époques antérieures). Mais au final ce roman représente bien une certaine idée de l’Angleterre.

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