Westwood – Stella Gibbons

Westwood

Résumé: Margaret, institutrice réservée et sensible, n’est « pas du genre à séduire les hommes, autant regarder les choses en face » – dixit sa mère. À l’inverse, son amie, la pétillante Hilda, a un charme irrésistible et un don pour le bonheur. Dans le Londres de l’après-Blitz, lorsque Margaret trouve un carnet de rationnement égaré, le célèbre dramaturge Gerard Challis entre dans la vie des deux jeunes femmes.

Chronique: Après avoir eu un petit goût d’inachevé avec Le bois du rossignol j’ai rapidement retrouvé la plume de Stella Gibbons qui se fait ici plus amère. Margaret est une anti-héroïne à l’image de d’Anne Eliott dans Persuasion de Jane Austen. Bien qu’elle soit intelligente et qu’elle ait un emploi d’institutrice Margaret ne correspond à ce qui est attendu d’une femme anglaise de cette époque. En effet, ses proches attendent d’elle qu’elle soit soignée physiquement, enjouée et qu’elle sache charmer un jeune homme et l’amener à la demander en mariage. Margaret est au contraire très renfermée sur elle et vit à travers les autres.

Alors que tout le monde prédit qu’un évènement tragique pourrait réveiller sa personnalité, elle découvre le carnet de rationnement de la fille du dramaturge Gerard Challis. Ce hasard lui ouvre littéralement les portes du foyer du dramaturge et celles de sa fille Hebe marié au peintre Alex Niland. Ces artistes sont fictifs mais c’est l’occasion pour l’auteure de dresser un portrait très sévère sur ces fiertés nationales. En effet, Margaret découvre leur vie de couple malheureuse et constate à quel point Alex et Hebe négligent leurs enfants en bas âge. Elle accepte toutes sortes de gardes d’enfants et autres coups de mains qui lui paraissent naturels tant elle veut quémander du temps de présence avec eux et éventuellement de petites conversations avec Gerard Challis qu’elle idolâtre. Cette relation inégale et non-réciproque dégage une sorte de malaise durant tout le roman. D’autre part, la famille Challis a des préoccupations assez frivoles en temps de guerre.

Durant ce roman initiatique il est aussi question d’amitié puisque Margaret tend à se détacher de son amie Hilda joyeuse et superficielle pour fréquenter Zita une juive allemande réfugiée à Londres. Celle-ci aide Margaret à développer son intérêt pour l’art et même à se re-looker. Il s’agit d’une manière très intéressante de traiter les différences culturelles anglo-allemandes. L’amitié semble être la valeur forte du roman tant les couples sont décevants.

Margaret, découvre donc de nouveaux horizons sans changer radicalement de vie, son initiation à la vie se fait doucement et la fin est plutôt originale. Stella Gibbons livre un roman plus subversif qu’il en a l’air puisqu’il détruit à la fois le mythe d’un mariage heureux ainsi que celui d’un dramaturge de renommée nationale.

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6 réflexions sur “Westwood – Stella Gibbons

  1. J’avais lu Le bois du rossignol que j’avais plutôt bien aimé..Dans tous les cas, j’ai bien envie de découvrir plus de cette auteure..celui ci pourrait être le prochain 😉

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