L’homme de la montagne – Joyce Maynard

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Synopsis: Rachel, 13 ans, et sa sœur Patty, 11 ans, vivent seules avec leur mère en bordure d’une colline broussailleuse, abandonnée aux chats sauvages, aux joggers et aux amoureux en quête de solitude. Leur père adoré, le séduisant et brillant inspecteur Toricelli, qui passe les voir trop rarement à leur goût, va se retrouver chargé de l’enquête qui met San Francisco en ébullition : un sadique agresse et étrangle des jeunes femmes sur la colline où ses deux filles adorent aller jouer. 

Après avoir lu Les filles de l’ouragan je suis définitivement entrée dans une étape Joyce Maynard. Ce roman est un sublime récit d’apprentissage et un très bel hommage à l’amour familial.

Les deux soeurs sont fusionnelles et se créent leur propre monde qui s’accommode largement de la depression de leur mère et de l’absence de leur père. Bien que ne leur rendant que d’irrégulières visites leur père est un demi-dieu d’origine italienne, beau, séduisant et féministe à sa manière. Aucune description ne semble pouvoir lui rendre justice. On pense forcément à Ne tirez sur l’oiseau moqueur d’Harper Lee, les affres de l’adolescence en plus. Néanmoins, au fur et à mesure de l’enquête, à travers différents regards on découvre de nombreuses failles chez ce père adoré.

Avoir 13 ans en 1979 à San Franscico

Le génie de l’écrivaine réside dans sa description de cet âge si particulier. Rachel attend ses règles tout en continuant à jouer et s’inventer des histoires avec sa soeur Patty qui est au fond la seule personne sur qui elle pourra toujours compter. Si elle intègre pour un temps le groupe de filles ultras branchées, et qu’elle « sort » avec un garçon, elle a déjà un regard très critique sur ces jeunes superficiels.

Joyce Maynard analyse aussi le trouble entre vrais/faux souvenirs d’enfance. Visions et amour de la mise en scène se mêlent. Cette histoire de violeur/tueur bouleverse les adolescents qui ne connaissent la sexualité que de façon partielle. Je suis certaine que l’auteure y a intégré beaucoup de souvenirs personnels ce qui me donne envie de découvrir ses oeuvres autobiographiques.

J’ai été moins convaincu par le troisième acte qui met en scène Rachel, devenue adulte et romancière à succès. Je trouve que cela fait perdre un peu de magie et d’émotion à l’ensemble.

« Il m’arriva alors quelque chose d’étrange: une soudaine flambée d’amour pour celle à qui je ne pensais pas souvent- ma propre mère, qu’on pouvait taxer de négligence, mais qui ne me disait jamais comment m’habiller, ne m’emmenez jamais chez la pédicure avec elle, ni n’essayait de me faire embaucher chez les pom pom girls. En ce moment elle devait se trouver à la bibliothèque, cherchant de nouveaux livres d’obscures gourous indiens ou un recueil de poésie de Sylvia Plath. Peu importait d’ailleurs. J’ai compris ce jour là qu’en nous laissant libres de nos choix, ma soeur et moi, elle nous avait fait un grand cadeau. Patty et moi n’appartenions à personne qu’à nous-même. »

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7 réflexions sur “L’homme de la montagne – Joyce Maynard

  1. Je suis en train de lire « Long week-end » de Joyce Maynard et j’aime beaucoup. J’avais d’abord noté « L’homme de la montagne » à lire en premier. Comme je veux regarder l’adaptation cinématographique de « Long week-end », j’ai préféré commencer par ce roman-là.
    Ton article ne m’enlève pas l’envie de lire « L’homme de la montagne », au contraire! J’ai découvert encore une auteure qui me plaît.
    Bonne soirée, Kheira!
    Bises

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