Spotlight – Tom McCarthy

Spotlight

Synopsis: Adapté de faits réels, Spotlight retrace la fascinante enquête du Boston Globe – couronnée par le prix Pulitzer – qui a mis à jour un scandale sans précédent au sein de l’Eglise Catholique. Une équipe de journalistes d’investigation a enquêté pendant 12 mois sur des suspicions d’abus sexuels au sein d’une des institutions les plus anciennes et les plus respectées au monde. L’enquête révèlera que L’Eglise Catholique a protégé pendant des décennies les personnalités religieuses, juridiques et politiques les plus en vue de Boston, et déclenchera par la suite une vague de révélations dans le monde entier.

Chronique: J’ai entendu parler assez tardivement de Spotlight un film à oscars dans la pure tradition américaine des enquêtes journalistiques. La réalisation est classique mais au service d’une histoire édifiante.

Le film s’applique à présenter la ville de Boston et la solidarité des ses institutions les plus puissantes. Il y a également un esprit « village » pour ne pas dire paroisse très marqué. Les victimes sont souvent des enfants pauvres venant de familles désunies mais les élèves de lycées privés ne sont pas à l’abri non-plus. Ce portrait de ville gangrénée pourrait cependant s’appliquer à n’importe qu’elle ville.

L’enquête montre différentes attitudes possibles pour les avocats. Le système américain ayant tendance à privilégier les accords financiers est d’autant plus choquant associé à ce sujet délicat. Les journalistes de la cellule Spotlight sont passionnés, on rêverait d’avoir davantage de journaux qui laisseraient une équipe enquêter pendant un an sur un seul sujet. Leurs méthodes s’apparentent parfois à celles de chercheurs en sciences humaines (certaines scènes m’ont rappelé mon mémoire en Histoire). Cependant les journalistes ne sont pas exempts de reproches, leur chef interprété par Michael Keaton (définitivement de retour sur le devant de la scène)  n’avait pas souhaité creuser l’enquête autour de l’accusation de 20 prêtres par le passé. D’autre part, ils restent dans une logique de concurrence et craignent que d’autres journaux n’éventent leur scoop.

Ce film a donc l’intelligence de recréer l’enquête en prenant un certain recul y compris sur les journalistes-héros. Les acteurs sont sobres et au service de l’histoire (Mark Ruffalo, Rachel McAdams). On peut tout même regretter que la mise en scène n’ait aucune identité, le film aurait pu être réalisé par n’importe qui à n’importe quelle époque.

Mary, Queen of Scots – Thomas Imbach

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Synopsis: Promise à François II, la reine d’Écosse Mary Stuart passe sa jeunesse en France. Mais, peu après son mariage, la maladie emporte son mari. La jeune veuve rentre en Écosse, terre glaciale et dévastée par les guerres de religion. Au même moment, sa cousine Elizabeth, dont elle revendique la couronne, est sacrée reine d’Angleterre.

Chronique: J’avais vu la Bande-annonce de ce biopic mais je l’avais un peu oublié. Je l’ai retrouvé par hasard sur Arte+7 . Il s’agit d’un film historique très original et inventif dans sa mise en scène. Il s’inspire librement la biographie écrite par Stefan Zweig.

Un tableau naturaliste

Ce film surprend par une image très naturelle presque documentaire, on ne sent pas de « filtre » qui fasse réellement cinéma. Les personnages parlent en anglais ou en français selon le contexte, Mary Stuart étant parfaitement bilingue. Le film est riche de nombreux détails qui contribuent à son réalisme, par exemple un ambassadeur d’Elizabeth Ier tient en permanence un portrait de la souveraine pour lui rappelé l’existence et de statut de celle-ci.

Mary est jeune, très belle et elle est tout de contraire de la « rigide » Elizabeth. Elle baigne dans un contexte hostile, sa cour n’en est pas vraiment une et l’instabilité est son quotidien. Passionnée elle connaîtra deux mariages d’amour. Si les émotions sont souvent fortes, on est loin des portraits hystériques qui lui sont souvent réservés.

Un jeune réalisateur prometteur

La réalisation est très belle, certaines scènes sont spectaculaires même si elles ne sont pas forcément historiquement attestées. Je pense par exemple à celle dans laquelle elle crie sa rage lors d’une balade à cheval. Les flash-backs sont également présents de manière à former un portrait sélectif mais émouvant de l’orgueilleuse souveraine. Le réalisateur capte ainsi ses doutes, ses fragilités mais aussi certains éléments de sa vie qui font sa fierté.

Ce filme donne donc chair à Mary Stuart, au delà de l’image de reine tragique, on la voit aimer, découvrir et revendiquer sa couronne sans cesse menacée par sa cousine Elizabeth. Ce premier long métrage multiplie les très bonnes trouvailles dans la mise en scène.

Mustang – Deniz Gamze Ergüven

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Synopsis: C’est le début de l’été. Dans un village reculé de Turquie, Lale et ses quatre sœurs rentrent de l’école en jouant avec des garçons et déclenchent un scandale aux conséquences inattendues. La maison familiale se transforme progressivement en prison, les cours de pratiques ménagères remplacent l’école et les mariages commencent à s’arranger.

Chronique: Il y a des films qu’on aime avant même de les voir Mustang en fait partie pour moi. Et bien je peux dire que suis sortie très émue de ma séance de rattrapage dans le cadre du Festival-Télérama.

Ce film trouble par sa dureté mais aussi par son énergie et la beauté solaire des 5 héroïnes. C’est d’abord l’histoire d’un isolement, une coupure totale du monde extérieur à l’occasion des vacances d’été. La violence de cet enfermement est croissante, les murs sont rehaussés et des barreaux sont soudés aux fenêtres régulièrement.

Cet enfermement brutal ne fait qu’illustrer l’impuissance d’une grand-mère sensible au « qu’en dira t-on » et d’un oncle archétype du mâle turc avec moustache et pistolet comme attributs. Les 5 jeunes filles sont inventives et solidaires, elles multiplieront les escapades parfois très drôles comme celle qui leur permet d’assister à un match de foot. Leurs tenues sont très occidentales et elles passent la majeure partie de leur temps en sous-vêtements dans des positions lascives. Les trouvailles sont multiples et ne font que ridiculiser les figures de l’autorités. Il est impossible de réduire la féminité à néant.

Les 5 soeurs dont le passé est relativement flou vont être progressivement bien individualisées notamment parce qu’elles vont réagir de façon différente aux mariages qui leurs sont imposés/proposés (un peu à la manière d’un conte de fée). La petite dernière, Lale n’est pas directement concernée par le mariage mais elle incite ses soeurs à la résistance et se montre très intelligente. Elle m’a rappelée Wadjda la petite héroïne saoudienne qui rêvait d’acheter un vélo.

Mustang est donc un film très fort car il ne tombe pas dans le misérabilisme ni dans les clichés, il souligne avant tout la puissance de ces jeunes femmes qu’on ne peut pas écraser.

Prix du Roman des étudiants – Édition 2016

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Aujourd’hui je voulais vous proposer un article un peu différent, en vous présentant le Prix du Roman des étudiants qui en est à sa 3e édition. Il n’est pas encore très connu mais ce prix est organisé par Télérama et France-Culture. Il est comme son nom l’indique destiné aux étudiants qui par définition sont censés lire mais pas forcément de la littérature française contemporaine. J’ai déjà eu la chance de participer à l’édition 2015 et ça m’a justement permis de lire des romans que je n’aurai peut être jamais découvert. Vous pouvez retrouver ceux que j’ai chroniqué l’an dernier dans la rubrique Prix du roman des étudiants 2015.

La sélection de cette année est composée de 5 livres de la rentrée de septembre:

D’après une histoire – Delphine de Vigan Je l’ai déjà lu et j’ai beaucoup aimé.

Un amour impossible – Christine Angot Je ne suis pas trop fan de l’auteure, on verra bien…

Titus n’aimait pas Bérénice – Natalie Azoulai Il était dans ma wishlist donc je suis ravie.

La cache – Christophe Boltanski (Prix Femina 2015)

Entre les deux il n’y a rien – Mathieu Riboulet

5 livres de la rentrée littéraire de Janvier 2016

En attendant Bojangles – Olivier Bourdeault J’ai hâte de le découvrir, j’ai déjà lu quelques chroniques sur les blogs.

La splendeur dans l’herbe – Patrick Lapeyre

La bibliothèque de Hans Reiter – Jean-Yves Jouannais 

Envoyée spéciale –  Jean Echenoz 

Celle que vous croyez – Camille Laurens

Je suis globalement très enthousiaste même si 2 de ces romans ont déjà obtenu des prix à l’automne… Les romans nous sont prêtés et des rencontres avec les auteurs seront progressivement organisées dans plusieurs villes. L’objectif c’est bien sûr d’essayer de se réunir avec les jurés de sa ville pour discuter des livres. Je vais tenter de chroniquer un maximum de lectures sur ce blog, nous avons jusqu’au mois de mars pour faire notre choix. Les deux précédents lauréats sont Réparer les vivants de Maylis de Kérangal pour Réparer les vivants et Eric Reinhardt L’amour et les forêts.

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La fille du patron – Olivier Loustau

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Synopsis: Vital, 40 ans, travaille comme chef d’atelier dans une usine textile. Il est choisi comme « cobaye » par Alix, 25 ans, venue réaliser une étude ergonomique dans l’entreprise de son père sous couvert d’anonymat. La fille du patron est rapidement sous le charme de cet ouvrier réservé et secret qui s’ouvre peu à peu à son contact et se met à rêver d’une autre vie…

Chronique: Derrière un synopsis un peu cliché se cache un film tout en nuances même si la fin laisse un petit goût d’inachevé.

Le réalisateur (qui est aussi l’acteur principal) dresse le tableau d’une usine moyenne de textile. Le patron est très impliqué, il tente de maintenir son entreprise à flot malgré les difficultés et les incitations à vendre. Les ouvriers se fréquentent au sein d’une équipe de rugby et les familles se connaissent bien. Les frontières entre chef d’atelier, chef d’unité…etc. existent mais elles sont plus floues qu’on ne l’imagine. L’avenir de l’usine se dessine également en pointillé au rythme de commandes parfois difficiles à assumer.

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Dans ce contexte Alix va rapidement se rapprocher de Vital qui attendait justement qu’une aventure sensuelle vienne le sortir d’un mariage moribond. Ce rapprochement est filmé avec une caméra très proche des corps. Qu’Alix mesure les données physiques de Vital ou qu’elle encourage son équipe de rugby la sensualité est omniprésente. Elle donne lieu à de très belles scènes notamment à moto. Malgré leur différence d’âge les deux personnages partage la même soif de liberté.

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Dans le dernier tiers, le rythme du film s’alanguit un petit peu, la compétition de rugby est oubliée pour un temps avant de revenir pour une forme d’apothéose. Plusieurs questions restent en suspens à la fin du film donnant l’impression que le réalisateur voulait avant tout capté une courte période de quelques semaines dans la vie d’un groupe.

Julie & Julia – Nora Ephron

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Synopsis: Julia Child est la femme qui a changé pour toujours la façon de cuisiner de l’Amérique. Mais en 1948, elle n’est encore qu’une Américaine anonyme vivant en France. Le travail de son mari les a amenés à s’installer à Paris, et Julia cherche activement une occupation. C’est alors qu’elle se prend de passion pour la cuisine française…
Cinquante ans plus tard, Julie Powell a l’impression d’être dans une impasse. Elle va avoir 30 ans, et pendant que ses amies connaissent bonheur et succès, elle végète dans son travail. Julie se lance alors un défi complètement fou : elle se donne exactement un an, 365 jours pour cuisiner les 524 recettes du livre de Julia Child – Mastering the Art of French Cooking, et elle crée un blog pour relater son expérience…

Chronique: Je doutais un peu de l’intérêt de faire un film sur une trentenaire qui réalise un challenge de cuisine, je pensais que ce ne serait pas forcément télégénique. Mais en fait, ce film est très plaisant.

Julie Powell (méconnaissable Amy Adams) est une trentenaire fonctionnaire peu épanouie par son travail et qui commence à s’éloigner de ses amies de toujours. Elle a tout de même la chance d’avoir un mari aimant et un chat trop mignon. Afin de se donner un défi exaltant elle se lance dans ce challenge malgré une tout petite cuisine. Son aventure est entrecoupée par de longs flashbacks qui nous montre la personnalité hors du commun de Julia Child.

Interprétée par un Meryl Streep, Julia est un personnage hors norme de part son physique (près d’1 m 90) et sa très forte personnalité. Elle a épousé sur le tard un diplomate et le couple est un exemple rare de complicité. Elle mettra de longues années à perfectionner ses connaissances en cuisine et à triompher des préjugés. Et c’est le principal message de cette comédie assez gentillette. Il faut savoir faire preuve de persévérance et ne pas abandonner au premier obstacle. Le bonheur se construit par de beaux moments au quotidien et des réalisation ambitieuses sur le long terme. Julia Child sert donc de modèle à Julie et au spectateur.

Il s’agit donc d’un bon petit film positif à voir un dimanche après-midi.

Farewell Alan Rickman

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Je n’ai pas pour habitude de consacrer un article à un acteur en particulier et encore moins une nécrologie mais je suis très touchée par la disparition de cet acteur qui est culte pour moi.

Comme tous les gens de ma génération je l’ai découvert dans le rôle du très ambiguë Professeur Severus Rogue (Snape en version originale) de la saga Harry Potter. J’ai tout d’abord bêtement détesté ce personnage sombre et sévère puis à partir du troisième opus j’ai commencé à apprécier ce personnage et sa diction si singulière notamment de la scène « Turn to page 394 ». Le 6e et les derniers épisodes offre également à Alan Rickman de très beaux morceaux de bravoure.

Gentleman charmeur

Parallèlement je l’ai découvert dans des films british comme Raison et Sentiments puis Love Actually  qui sont devenus de vrais films-doudou.

ColonelBrandon

Il excelle également dans des films grand public comme Piège de cristal ou Robin des bois même si ce ne sont pas les rôles qui m’ont le plus marqué. Il semblerait qu’il se soit pris de goût pour les hommes de pouvoirs puisqu’il a interprété le président Reagan dans Le majordome et récemment Louis XIV dans Les jardins du roi qu’il a lui-même réalisé. D’ailleurs, je ne l’ai pas encore vu ni d’ailleurs L’invitée de l’hiver. Les avez-vous vu?

Je n’oublierai jamais sa voix et sa bouche à la forme si particulière ni sa classe absolue et absolument british. #RIP

Lily aime-moi – Maurice Dugowson

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Synopsis: François, journaliste, est chargé par son rédacteur en chef de réaliser un reportage sur un ouvrier, un « O.P.3 ». Il fait ainsi la rencontre de Claude, que sa femme Lily vient de quitter, et entreprend de l’aider à la reconquérir.

Chronique: En ce moment je suis dans une phase Patrick Dewaere ce qui me fait découvrir des pépites du cinéma français des années 1970. Lily aime-moi n’est pas très connu j’en profite donc pour vous en parler.

François (Jean-Michel Folon) doit écrire un article sur les rythmes de travail des ouvriers et la grille des salaires mais le journaliste est rapidement embarqué par Claude (Rufus) qui tente de reconquérir son épouse. Cette dernière lassée par la routine et une situation matérielle un peu juste est partie bouder chez ses parents.

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Claude lui présente également son ami Johnny (Patrick Dewaere), un boxeur qui rêve de cinéma américain. Le trio s’entend bien et alterne les discussions sur l’amour avec des péripéties inattendues. Le film surprend par son mélange entre réflexions profondes et sérieuses et une certaine légèreté ce qui semble typique des films de cette époque (mais que je connais encore peu). Je ne connais pas non plus les deux acteurs principaux mais j’ai été une nouvelle fois scotchée par le charisme et le jeu de Patrick Dewaere.

Le film capte donc l’esprit de cette époque (augmentation des divorces, aspirations du monde ouvrier) et y mêle un certain romantisme. Mais attention cela n’empêche pas par moments un langage fleuri comme n’en voit plus beaucoup…

D’après une histoire vraie – Delphine de Vigan

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Synopsis: « Ce livre est le récit de ma rencontre avec L. L. est le cauchemar de tout écrivain. Ou plutôt le genre de personne qu’un écrivain ne devrait jamais croiser.»

Chronique: J’ai chroniqué il n’y a pas très longtemps Rien ne s’oppose à la nuit de Delphine Vigan, depuis il est presque quotidiennement l’article le plus consulté de mon blog. Je mesure donc à mon échelle le tsunami qu’a pu être pour elle ce succès. Et je trouve assez audacieux de faire une mise en abyme de cette période dans son nouveau livre.

En effet, Delphine (le double en tous points de l’écrivaine) retarde sans cesse l’écriture de son prochain livre et évite lâchement d’en parler. Elle rencontre à une soirée une femme de 45 ans, blonde, sophistiquée. Elle est nègre littéraire et pense que les lecteurs n’attendent plus que des histoires « vraies ». Par son aisance, sa capacité à trouver les mots justes, elle flatte et secoue tour à tour Delphine. En soit cette rencontre est déjà un hommage à la littérature et à son pouvoir de persuasion.

Physiquement j’imagine L. comme une sorte de Valerie Trierweiler, brushingée, habillée de vêtements Tara Jarmon, orgueilleuse et solitaire. Dans le premier tiers du livre, j’ai essayé de deviner qui elle pouvait être réellement: une allégorie de la littérature? Une fan intrusive? Un membre éloigné de sa famille? Voire une personne mandatée par son éditrice pour la secouer…

Entre tragédie et film d’horreur

Puis, je me suis tout simplement laissée porter par ma lecture, la narratrice nous laisse imaginer le pire et on prend donc un malin plaisir à lire ce roman comme on regarde un film d’horreur. Il a d’ailleurs de nombreux points communs avec ce genre de films notamment à travers l’isolement de Delphine.

En parallèle, Delphine creuse les difficultés à écrire mais aussi l’enthousiasme qui peut naître lorsque l’on pense avoir retrouver l’inspiration. Delphine de Vigan rend en fait un très bel hommage à la littérature contemporaine, à la « pure fiction ». J’ai repéré plusieurs références notamment à Sur ma peau de Gillian Flynn mais je pense qu’une relecture révèlerait encore plus de détails.

Delphine de Vigan nous offre donc un roman manipulateur, une vraie fiction en 3 actes mais dans laquelle elle dissémine des morceaux de sa personnalité.

Mistress America – Noah Baumbach

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Synopsis: Étudiante en première année dans une université de New York, Tracy se sent bien seule : elle ne fait ni les rencontres exaltantes auxquelles elle s’attendait, ni ne mène la vie urbaine trépidante à laquelle elle aspirait. Jusqu’au jour où elle est accueillie par sa future demi-soeur Brooke, New-Yorkaise pure et dure habitant à Times Square. Séduite par les extravagances de Brooke, Tracy découvre enfin le Manhattan dont elle rêvait…

J’avais eu un avis assez mitigé sur Frances Ha (même réalisateur, même actrice principale) qui se complaisait à décrire le monde de jeunes artistes un peu paumés. Ce nouveau film est plus cruel et plus creusé. Cependant, les dialogues interminables plombent un peu le film.

Le personnage principal est plutôt la jeune Tracy nouvelle étudiante prête à tout pour se faire des amis et se faire accepter par le club d’écriture ultra select de son université. Elle semble relativement banale et équilibrée mais rêve d’une vie plus trépidante. Un soir, alors qu’elle s’ennuie à mourir elle finit par prendre contact avec sa future soeur (leurs parents vont refaire leur vie ensemble). Brooke est plus âgée, charismatique et c’est le genre de personnes qui fait mille choses sans avoir un réel métier et qui a de nombreux projets tel qu’un « restaurant-salon de coiffure » à monter de préférence avec l’argent des autres. Le personnage aurait pu être caricatural mais ce n’est pas le cas.

Les 2 personnages passent beaucoup de temps ensemble et le film nous permet de nous demander qui « utilise » l’autre? Tracy semble suivre Brooke comme un petit chien, la soutenant dans toutes ses démarches mais parallèlement elle se sert également d’elle comme inspiration pour écrire une nouvelle.

Leurs péripéties les mènent vers une villa qui abritera un huis-clos très bavard entre eux et d’autres personnage. malgré les efforts des acteurs cette partie est très ennuyeuse et même si le film dure moins de 1h30 on s’en lasse progressivement.

Le public de Brooke est sceptique
Le public de Brooke est sceptique

Cependant, tout n’est pas à jeter, certaines remarques font mouche et les 2 personnages sont intéressantes par leurs imperfections mais aussi  le fait qu’elles prennent leurs vies en main et ne se laissent pas abattre. On trouve certains points communs avec les Woody Allen comme Annie Hall et Manhattan même si le scénario est loin d’être à la hauteur.

Au final, il s’agit donc d’un film qui vise juste par moments même si certains dialogues mériteraient d’être plus dynamiques.