Mustang – Deniz Gamze Ergüven

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Synopsis: C’est le début de l’été. Dans un village reculé de Turquie, Lale et ses quatre sœurs rentrent de l’école en jouant avec des garçons et déclenchent un scandale aux conséquences inattendues. La maison familiale se transforme progressivement en prison, les cours de pratiques ménagères remplacent l’école et les mariages commencent à s’arranger.

Chronique: Il y a des films qu’on aime avant même de les voir Mustang en fait partie pour moi. Et bien je peux dire que suis sortie très émue de ma séance de rattrapage dans le cadre du Festival-Télérama.

Ce film trouble par sa dureté mais aussi par son énergie et la beauté solaire des 5 héroïnes. C’est d’abord l’histoire d’un isolement, une coupure totale du monde extérieur à l’occasion des vacances d’été. La violence de cet enfermement est croissante, les murs sont rehaussés et des barreaux sont soudés aux fenêtres régulièrement.

Cet enfermement brutal ne fait qu’illustrer l’impuissance d’une grand-mère sensible au « qu’en dira t-on » et d’un oncle archétype du mâle turc avec moustache et pistolet comme attributs. Les 5 jeunes filles sont inventives et solidaires, elles multiplieront les escapades parfois très drôles comme celle qui leur permet d’assister à un match de foot. Leurs tenues sont très occidentales et elles passent la majeure partie de leur temps en sous-vêtements dans des positions lascives. Les trouvailles sont multiples et ne font que ridiculiser les figures de l’autorités. Il est impossible de réduire la féminité à néant.

Les 5 soeurs dont le passé est relativement flou vont être progressivement bien individualisées notamment parce qu’elles vont réagir de façon différente aux mariages qui leurs sont imposés/proposés (un peu à la manière d’un conte de fée). La petite dernière, Lale n’est pas directement concernée par le mariage mais elle incite ses soeurs à la résistance et se montre très intelligente. Elle m’a rappelée Wadjda la petite héroïne saoudienne qui rêvait d’acheter un vélo.

Mustang est donc un film très fort car il ne tombe pas dans le misérabilisme ni dans les clichés, il souligne avant tout la puissance de ces jeunes femmes qu’on ne peut pas écraser.

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5 réflexions sur “Mustang – Deniz Gamze Ergüven

  1. Je l’ai vu cet aprem durant le Festival Télérama et quelle claque ! Tu as bien résumé ! C’est un beau film sur la liberté des femmes, hélas pas acquise partout dans le monde, tout en n’étant pas pleurnichard. J’ai eu beaucoup d’admiration pour ces jeunes filles tout le long du film !

  2. J’ai adoré ce film ! Je l’ai vu à sa sortie en france et j’avais trouvé le tout très fort parce que comme tu dis on ne tombe jamais dans le pathos, on rit même, et pourtant la situation est terrible.

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