Les Buddenbrook – Thomas Mann

Buddenbrook

Résumé: Trente ans après sa parution, Les Buddenbrook figure au nombre des livres brûlés dans les autodafés. Les chemises brunes hurlent sous les fenêtres de Thomas Mann qu’une  » famille allemande, une famille de la race élue ne peut jamais déchoir « .  Les Buddenbrook est le roman du déclin, le livre de l’essoufflement. Thomas Mann traque dans cette dynastie marchande les prodromes du désastre. L’observation de soi-même est le premier pas vers le déclin. Car s’observer, c’est s’empêcher d’agir, s’empêcher de vivre.

Chronique: J’ai découvert l’histoire des Buddenbrook en regardant une adaptation TV sur Arte pendant des vacances de Noël et je me suis demandé comment j’avais pu ignorer jusque là ce monument de la littérature allemande qui raconte le déclin d’une famille de négociants en céréales tout au long du XIXe siècle. J’ai acheté le livre dès le lendemain mais j’ai mis du temps à attaquer ses 880 pages.

Dans ce roman Thomas Mann décrit un monde qu’il connaît bien (de nombreux éléments sont inspirés de sa famille) et met en scène un vrai darwinisme social. Les Buddenbrooock sont une dynastie de commerçants respectés de Lübeck et ils se comportent comme des aristocrates. Je ne sais si c’est voulu par l’auteur mais il y a un certain décalage entre le fait d’exercer une profession commerciale et de se revendiquer comme une catégorie particulière noble et avec un sens « romantique » de l’honneur familial. Bref, cette attitude est très présente à travers Tonie une jeune femme fière et idéaliste qui lit régulièrement le « Livre de la famille » qui nous résume les réussites des différentes générations.

Il faut bien s’accrocher au début du roman car plusieurs hommes nommés Johann Buddenbrook ont fait la réussite de cette famille et sont cités dans ce « Livre de la famille ». Néanmoins la génération des 3 frères et soeurs Thomas, Christian et Tonie est centrale. A travers eux Thomas Mann décrit le mode vie de cette famille, la responsabilité qui pèse sur leurs épaules mais aussi leurs inquiétudes et leurs échecs.

Le thème du déclin est omniprésent à travers l’industrialisation qui menace leur profession, leurs mauvais choix mais aussi les maladies assez symboliques dont ils souffrent (nerfs, anémie…etc.). De plus, la plupart des membres de la famille ne sont pas réellement cultivés  et Thomas ne découvre la philosophie de Schopenhauer que trop tardivement pour y trouver une explication à ses souffrances. Thomas Mann adopte un ton légèrement ironique. Il ne verse jamais dans le glauque qui alourdit parfois les oeuvres de Zola par exemple. Le style est fluide dans la lignée des grands romanciers du XIXe siècle comme Léon Tolstoï.

La dernière partie qui est l’une des plus émouvantes montre l’émergence d’une certaine cupidité et d’un culte de la virilité et de la performance dans les lycées. Thomas Mann dénonce la politique prussienne belliqueuse et ces critiques ont forcément une dimension annonciatrice du nazisme.

Lien vers la B-A pour mieux visualiser. Je ne peux que vous recommander ce chef d’oeuvre qui n’est pas forcément enseigné ni même très connu en France!

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2 réflexions sur “Les Buddenbrook – Thomas Mann

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