Chroniques ciné – Début de l’été

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Mama – Julian Medem

Un film qui traite du cancer du sein de façon très originale mais pas toujours subtile. Magda (lumineuse Pénélope Cruz) récemment séparée vit sa maladie en étant dans une vraie bulle, elle développe une relation amicale avec son médecin qui l’accompagne même en vacances (!). Elle vit dans une forme de déni en n’annonçant que tardivement et maladroitement sa maladie à ses proches. Le réalisateur ne s’encombre pas de vraisemblance, le jour où elle apprend sa maladie, Magda fait également la connaissance d’un homme (incarné par Luis Tosar) dont la vie est en plein bouleversement. Ils vont former un duo original davantage fondé sur l’entraide que sur l’amour.

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Love and Friendship – Whit Stillman

Il s’agit d’une adaptation de Lady Susan: un court roman épistolaire de Jane Austen. Cet ouvrage de jeunesse ne m’avait pas laissé un grand souvenir si ce n’est que Susan est une mère indigne et un personnage particulièrement roué. Dans le film, elle est interprétée par Kate Bekinsale, laissée quasiment sans domicile et sans ressources à la mort de son mari, elle tente de survivre en manipulant son entourage et en tentant de trouver un mari riche et sot pour sa fille. Les hommes ne brillent pas par leur intelligence et le fait qu’ils soient incarnés par des acteurs peu connus renforce ce sentiment d’insignifiance. L’ensemble ressemble à un vaudeville avec quelque très bonnes répliques. Cependant, cela reste une « petite » production qui n’égale pas la mise en scène des Liaisons dangereuses de Stephen Frears ou des autres adaptations de Jane Austen.

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Florence Foster Jenkins – Stephen Frears

Il s’agit d’un biopic d’une « fausse » cantatrice qui avait déjà inspiré Xavier Giannoli pour son film Marguerite. C’est donc le destin incroyable de Florence une mécène qui a fondé un club de musique et qui se produit devant des parterres de connaissances avec l’aide et la bienveillance de son (plus jeune) mari un aristocrate anglais désargenté (Hugh Grant). Ils vont former un trio improbable avec un jeune pianiste et s’attaquer au rêve de Florence: se produire sur la scène mythique du Carnegie Hall. Je m’attendais à beaucoup rire, certes certaines situations sont comiques (costumes extravagants, naïveté de Florence) mais dans l’ensemble c’est plutôt la passion pour la musique et la tendresse qui l’emportent. Le New York de 1944 est également très bien reconstitué et nous en met plein la vue. Bref le film rempli son contrat de biopic doux-amer porté par de bons acteurs.

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Conjuring 2 : Le cas Enfield – James Wan

J’avais adoré le premier opus qui était pour moi un modèle du genre. J’ai en revanche été un petit peu déçue par ce second cas. On retrouve le couple Warren toujours aussi soudé et porté par des valeurs chrétiennes mais ils sont beaucoup plus en retrait, ils ne souhaitent pas pleinement s’impliquer dans cette nouvelle enquête. L’histoire de cette famille londonienne est un cas assez célèbre, il a été fortement médiatisé à l’époque. Le côté urbain et la forte présence des médias dans l’intrigue détourne un peu de la peur « pure ». James Wan conservent tout de même la sobriété et le goût de la reconstitution des années 1960 que l’on avait déjà vu dans le premier film.

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Truman – Cesc Gay

Un autre film espagnol qui parle de cancer. Cette fois-ci le réalisateur s’attache à dresser un portrait très contemporain et sans concessions ni pathos d’un acteur sur le déclin qui ne souhaite plus poursuivre son traitement. L’un de ses seuls amis, peut être aussi l’un des rares à pouvoir lui tenir tête vient lui rendre une dernière visite. S’en suivent quelques jours de bilan sous forme de déambulations ponctué par des mises au point et des réconciliations. Mais l’ensemble reste tellement sage et la mise en scène si neutre que je n’ai pas vraiment été touchée… Je suis un petit peu surprise que le film ait obtenu 5 Goyas…

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Monsieur Malaussène – Daniel Pennac

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C’est une nouvelle plongée dans l’univers des Malaussène pour moi après les 3 premiers tomes (j’en ai chroniqué 2: Au bonheur des ogres et La petite marchande de prose).

Dans ce nouvel opus, Daniel Pennac assume totalement l’aspect « saga » et introduit l’idée d’une « suite » dans son écriture, il s’amuse de l’impatience des lecteurs et joue avec les possibilités d’évolution de l’histoire et sur ce qu’un écrivain a le droit de faire ou non. On sait à quel point Daniel Pnnac a écrit sur les « droits des lecteurs » et l’amour de la lecture et ce tome en est une belle illustration.

L’auteur revient régulièrement sur des personnages ou des évènements passés. Jérémy matérialise ces retours en arrière à travers la pièce de théâtre qu’il met en scène au Zèbre: cinéma désaffecté mais squatté par la tribu Malaussène ainsi que du livre que la reine Zabo le pousse à écrire sur les malheurs de Benjamin. Hélas, à force de raviver les souvenirs, Benjamin va être rattrapé par son statut de bouc-émissaire.

Des héritages contrariés

L’intrigue de cet opus se révèle une fois de plus assez abracadabrantesque et difficile à résumer. Ce qui compte ce sont plutôt les grands thèmes que l’auteur aborde parmi lesquels on trouve celui de la filiation et de l’héritage familial.  De la grossesse de Tante Julia à l’héritage d’un film unique, de Clément Clément en rupture avec sa famille à Gervaise bonne soeur et fille de Van Thian les transmissions sont parfois lourdes à porter.   Elles sont souvent synonymes de douleur et de trahison.  La solidarité du clan Malaussène et de leurs amis de Belleville comme les Ben Tayeb sert de contraste toujours aussi attendrissant face aux multiples criminels cupides auxquels Benjamin devra faire face.

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