Colonia – Florian Gallenberger

Colonia

Synopsis (Allociné): Chili, 1973. Le Général Pinochet s’empare du pouvoir par la force. Les opposants au coup d’Etat descendent dans la rue. Parmi les manifestants, un jeune couple, Daniel photographe et son ami Lena. Daniel est arrêté par la nouvelle police politique. Il est conduit dans un camp secret, caché dans un lieu reculé au sein d’une secte dirigée par un ancien nazi. Une prison dont personne n’est jamais sorti. Pour retrouver son amant, Lena va pourtant rentrer dans la Colonia Dignidad.

Chronique: Au début du film, le Chili baigne dans l’influence européenne et une politique socialiste porteuse de promesses de progrès. Cheveux longs pour les garçons, pantalons moulants pour tous et grands discours exaltés rythment le quotidien de la jeunesse. Le réalisateur mise beaucoup  sur le glamour du jeune couple, elle (Emma Watson) hôtesse de l’air dans des robes années 1960, lui (Daniel Brühl) jeune dessinateur et photographe idéaliste. Cette parenthèse enchantée peut hérisser ceux qui auraient peur que le film privilégie l’histoire d’amour au détriment de la grande Histoire, qu’ils se rassurent le film bascule bien assez vite dans la violence.

Colonia-photos

Une Histoire qui se répète 

C’est l’occasion de voir la ressemblance des pratiques dans les régimes dictatoriaux (arrestations, rassemblements d’opposants dans un stade, tortures, purges…etc.). La « Colonia Dignidad » rappelle clairement les camps de concentration. Son organisation obéit à des principes assez basiques: séparation hommes et femmes, séparation des enfants de leurs parents. Le chef manie la violence et la fascination pour maintenir l’ordre. La misogynie est au coeur du système avec notamment les « Conseils des hommes » pour punir les femmes désobéissantes ce qui contraste avec le caractère émancipé et déterminé de Lena.

Le camp a un aspect grotesque à travers le travail harassant et répétitif que les pensionnaires réalisent au quotidien (montagne de pommes de terres à éplucher) ou encore les tenues traditionnelles vaguement héritées de la tradition bavaroise.

L’aspect « prévisible » de l’organisation du camp donne un petit avantage à nos héros même si la violence et le danger sont omniprésents. Cela créée également un certain plaisir pour le spectateur comme lorsque l’on regarde un bon thriller/film d’horreur qui respecte les règles du genre. Du côté de Lena et Dani la place est aux grands sentiments, grâce à leur amour et leur idéalisme on se sent moins bête et même un peu grandi à la fin du film.

Si l’histoire de l’Amérique du Sud au 20e siècle vous intéresse vous pouvez poursuivre avec notamment:

  • Le médecin de famille un film sur un « médecin » nazi qui aurait semble-il séjourné à la Colonia Dignidad
  • No un film qui traite de la chute de la dictature de Pinochet
  • Plus indirectement El Clan est un thriller qui montre la corruption de l’Argentine dans les 1980’s

Et il y’en a a encore beaucoup d’autres, n’hésitez pas à me conseiller si vous en connaissez!

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4 réflexions sur “Colonia – Florian Gallenberger

  1. J’ai lu une autre critique qui trouvait justement que l’histoire d’amour effaçait trop la grande histoire… c’est marrant ces différences de point de vue! Du coup grace à toi j’ai à nouveau envie de voir ce film.

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