Karpathia – Mathias Menegoz

Karpathia

Résumé: En 1833, à la suite d’un duel, le capitaine hongrois Alexander Korvanyi quitte brutalement l’armée impériale pour épouser une jeune autrichienne, Cara von Amprecht. Avec elle il rejoint, aux confins de l’Empire, les terres de ses ancêtres: la Transylvanie.

Chronique: C’est roman qui ne tient pas toutes ses promesses mais qui offre une belle fresque de ce territoire très particulier et méconnu.

Le jeune couple est orgueilleux et à l’image de la jeunesse des années 1830 ils sont épris d’un certain idéalisme et éprouve une certaine nostalgie. Ils ont de grand projets mais la manière de les réaliser est très floue. On pense un peu à Julien Sorel dans Le Rouge et le Noir même si celui-ci est d’origine plus modeste.

Leur arrivée dans un château délaissé depuis une cinquantaine d’années est l’occasion de dresser un tableau très détaillé des différentes communautés (magyars, valaques et saxons sans oublier les tziganes) qui sont toutes très jalouses de leurs privilèges et de leurs particularités (langue, religion, mode de vie). Le comte Alexander se montre impulsif voire habité par la volonté de remettre tout ce beau monde sous ses ordres sans avoir réellement de projets précis.

Ce sont les circonstances (crispations, faits-divers, rumeurs de vampirisme) qui vont le mener à réagir et à montrer son vrai visage. La Korvanyi va plonger dans une suite de guérillas qui sont brillamment décrites sans aucun parti-pris du narrateur. La violence des batailles est particulièrement bien décrite tout comme l’attente ou la peur. On pense alors aux grands romans du XIXe siècle comme ceux de Léon Tolstoï ou Alexandre Dumas.

Cependant, je trouve que ce roman a 2 principaux défauts. Il souffre de longueurs (plus 600 pages) et ne tient pas toutes ses promesses. J’aurai aimé que le narrateur se livre à plus d’analyse des caractères et sentiments des personnages. J’aurais par exemple aimé en savoir plus sur l’intimité du couple Korvanyi ou sur d’autres personnages. L’auteur montre une certaine froideur à leur égards et un manque de « générosité » par rapport aux romanciers du XIXe siècle. Le pessimisme qui englobe le roman ne devrait pas empêcher un minimum d’empathie avec les personnages.

Il s’agit donc d’un pavé dépaysant et plus « réaliste » qu’il n’y paraît. Si les descriptions sont très justes, je regrette tout de même que l’auteur ne se soit pas davantage « lâché ».

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3 réflexions sur “Karpathia – Mathias Menegoz

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