Premier Contact

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Chronique: J’ai été attirée par la B-A de ce film qui laisse la part belle aux sciences humaines dans un contexte de présence extraterrestre. Il s’inscrit dans le courant des films de science-fiction contemplatifs voire philosophiques (2001 Odyssée de l’espace, Solaris ou plus récemment Interstellar).

Le film repose avant tout sur la rencontre entre une scientifique hors pair (qui est aussi une mère meurtrie) et un évènement d’échelle planétaire qui lui permettra de révéler toute l’étendue de son talent. Dans l’absolu on peut sourire de l’aspect très héroïque de cette femme et de son discret binôme (Jeremy Renner) sur lesquels reposent tous les espoirs américains. Mais progressivement par son approche originale, Louise effectue des avancées spectaculaires dans ses échanges avec les extraterrestres.

La lenteur de la première heure du film, la musique angoissante et la guerre qui menace donnent au film donne un aspect familier même si on sait qu’on peut en attendre bien plus qu’un blockbuster classique. La réussite du film tient dans une accélération vertigineuse de l’intrigue, qui modifie bien des enjeux (au point qu’un second visionnage s’impose), révèle des éléments de la personnalité de Louise et ouvre des questions fascinantes (lien entre langage et manière d’aborder le temps, difficultés des relations geopolitiques…etc). Je ne peux pas vous en dire plus.

En conclusion, c’est peut être LE film qui consacre Amy Adams une actrice talentueuse, nommé presque tous les ans aux prix qu’on associait pas forcément à un film phare. Elle donne ici pleinement corps au personnage fascinant de Louise sur lequel repose ce film qui est l’un des plus beaux de l’année!

Le client – Asghar Farhadi

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Synopsis (Allociné): Contraints de quitter leur appartement du centre de Téhéran en raison d’importants travaux menaçant l’immeuble, Emad et Rana emménagent dans un nouveau logement. Un incident en rapport avec l’ancienne locataire va bouleverser la vie du jeune couple.

Chronique: Le réalisateur iranien nous a habitué à mêler finement les drames familiaux et sociaux pour en tirer des films très forts et quasi-cornéliens. Avec ce dernier film, le résultat est moins magistral mais il nous touche avec une description très touchante du quotidien de ce couple d’acteurs.

Dans ce film Asghar Faradhi fait le choix d’un rythme  plus soutenu que dans ses huis-clos habituels. Dès la première scène le jeune couple doit quitter son appartement menacé d’effondrement puis ils doivent gérer rapidement un déménagement, les heures de travail en tant que professeur pour Emad, les transports et les soirées consacrées au répétitions de La mort d’un commis voyageur d’Arthur Miller. Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, le couple de comédiens est bien intégré à la société iranienne et leur quotidien est plutôt heureux et banal.

L’agression que va subir Rana va dévoiler  les hypocrisies de la société iranienne même si Asghar Faradhi ne condamne pas très durement la population. La police et la justice sont entièrement absents difficile donc de les juger. C’est surtout la détérioration de la vie du couple qui est montrée. Malheureusement, le réalisateur peine à terminer son film, la fin est beaucoup moins travaillée que lors de ses précédents films. L’intrigue se dilue un peu et perd en intérêt.

Au final, c’est un film avec beaucoup de moments « vrais » qui nous touchent mais le scénario (pourtant primé à Cannes) aurait mérité une meilleure fin.