Loving – Jeff Nichols

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Je suis une grande fan du cinéma de Jeff Nichols et en particulier de son film Mud, sur les rives du Mississippi. Midnight Special m’avait déçue mais j’attendais beaucoup de son nouveau film inspiré d’une histoire vraie, celle d’un couple mixte interdit de se marier dans l’Etat de Virginie à la fin des années 1950.

Un cinéaste du sensible 

Jeff Nichols s’approprie parfaitement cette histoire vraie. Loin de se sentir écrasé par l’aspect historique des faits il décrit une vie de couple et de famille au plus près des personnages et de leur vie quotidienne. La vie au grand air, le vent qui soulève les robes de grossesse de Mildred (Ruth Negga), la cohabitation naturelle entre noirs et blancs, les courses de voitures. Le réalisateur s’attache à  nous présenter les petites choses qui en font un couple soudé et amoureux, ce qui constitue leur mariage: le travail manuel de Richard, sa volonté de prendre soin de sa femme, les enfants qui s’enchaînent…etc.

Jeff Nichols aborde le thème du racisme et de la ségrégation de façon presque indirecte. La violence est présente par intermittence (comme souvent dans ses films) par exemple lors des arrestations sans ménagement et de l’exil forcé des époux vers un Etat où le mariage « mixte » est légal. Aussi étonnant que cela puisse paraître c’est leur difficulté à apprécier un mode de vie urbain étouffant qui les pousse à multiplier les recours juridiques dans l’espoir de revenir en Virginie.

Un film d’une grande sobriété 

Les détails juridiques sont peu développés et les 2 principaux avocats qui leur viennent en aide sont très modestes, loin des orateurs dieux-vivants dont nous gratifie régulièrement Hollywood. Le couple est lui-même discret et peu bavard, les acteurs ont l’élégance de s’effacer derrière leurs personnalité respectives. La reconstitution historique frôle la perfection.

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Photoshoot des Loving reconstitué dans le film

Bridget Jones 1 & 2 Helen Fielding

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Comme beaucoup de monde j’ai découvert Bridget Jones à travers les adaptations ciné. Si au premier visionnage je n’ai pas forcément ressenti une empathie énorme pour le personnage, avec le temps j’ai davantage apprécié l’humour et les références pop-culture de cette série de films. J’ai donc décidé de m’attaquer aux 2 premiers romans en V.O (et j’ai également lu d’une traîne le Bridget Jones Baby écrit à l’occasion de la sortie du film mais en français cette fois). Cela m’a pris un petit peu de temps mais le format de journal rythme bien la lecture et en début d’année c’est plutôt de circonstance compte tenu de la place qu’occupent les bonnes résolution de l’héroïne.

Je dois dire que c’est une belle réussite qui mérite son statut de roman « culte ». Tout d’abord l’auteure réussit à nous faire découvrir l’entourage de Bridget mais aussi ses petits défauts et sa mauvaise foi alors même qu’elle est la seule narratrice puisqu’elle s’adresse à son journal. L’humour est très présent et on s’identifie aisément à cette femme maladroite qui a du mal à gérer les deadline, qui se fixe des objectifs souvent inatteignables et qui apprécie qu’il y ait un peu de drame et d’action dans sa vie et celle de ses proches.

Pour employer les grands mots je pense aussi qu’au niveau culturel voire social Helen Fielding voit juste et popularise pas mal de concepts: la solitude des trentenaires urbains, le travail de bureau qui n’a pas toujours beaucoup de sens, les relations femmes-hommes, le célibat de longue durée malgré la libération des moeurs, les amis qui deviennent une famille de substitution…etc.

Si ces livres ont posé les jalons de la Chick-Lit aujourd’hui subdivisée en de nombreux sous-genre c’est aussi une réécriture libre d’Orgueil et Préjugés et dans une moindre mesure Persuasion pour le Tome 2. Les références à l’adaptation de 1995 avec Colin Firth sont d’autant plus marrantes que l’acteur interprètera plus tard Mark Darcy.

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Le look unique de Mark Darcy a popularisé la mode du Jumper Day

Il me reste désormais à lire Folle de lui le Tome 3 qui je suis sûre s’attaque de manière pertinente à l’amour au temps d’internet.