Mary Shelley – Haifa Al-Mansour

Mary-Shelley

Synopsis (Allociné): En 1814, Mary Wollstonecraft Godwin entame une relation passionnée et scandaleuse avec le poète Percy Shelley et s’enfuit avec lui. Elle a 16 ans. Condamné par les bienpensants, leur amour tumultueux se nourrit de leurs idées progressistes. En 1816, le couple est invité à passer l’été à Genève, au bord du lac Léman, dans la demeure de Lord Byron. Lors d’une nuit d’orage, à la faveur d’un pari, Mary a l’idée du personnage de Frankenstein. 

Chronique: J’attendais avec impatience cette première incursion occidentale de la réalisatrice Haifa Al-Mansour après son magnifique Wadjda. On peut raisonnablement penser qu’il s’agit d’un film commande sorti 200 ans après la publication de Frankenstein. Un peu plus tôt cette année, dans Une vie sans fin, Frederic Beigbeder faisait référence à l’écriture de ce roman à Genève durant une période proche de la dépression pour son auteure, ces informations que j’ignorais m’ont encore davantage donné envie de découvrir son biopic.

Il s’agit d’un long focus sur la période 1814-1818 soit de sa rencontre avec Percy Shelley poète romantique reconnu jusqu’à la publication de Frankenstein. Le biopic est extrêmement riche en informations sur le monde littéraire du tout début du XIXe siècle. En effet, Mary est la fille de deux esprits très libres voire anarchistes avant l’heure. Sa mère est par exemple l’auteure d’un essai féministe Défense des droits de la femme et ses parents ne se sont mariés que pour qu’elle puisse être légitimée. Son adolescence est cependant étouffante et marquée par les difficultés financières de son père et l’austérité de sa belle-mère. Si les portraits de Percy Shelley et Lord Byron (au bord de la dépression nerveuse) sont un peu caricaturaux, le film donne réellement envie d’en savoir plus sur leurs vies et leurs écrits.

Mary-Shelley-Salon

Le film m’a paru un peu lent dans un premier temps, mais en réalité il traduit bien la lente maturation de Mary Shelley qui connaît une série de déceptions, de trahisons et de deuils qui offrent le matériau de son roman culte.  Elle Fanning que j’aime beaucoup depuis Super 8 est parfaite en héroïne romantique. Son écriture évolue également d’imitatrice à réelle auteure sous le regard bienveillant de son père qui est finalement le seul personnage masculin respectable du film. Enfin, les doutes exprimés par les éditeurs et critiques sur la capacité d’une femme à écrire un récit aussi déroutant résonnent clairement avec la redécouverte du rôle de certaines femmes d’écrivains ou l’effet Matilda en science, un sujet d’actualité.

Il s’agit donc d’un film assez classique et qui contient quelques longueurs mais très intéressant et porté par une très bonne Elle Fanning.

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Une réflexion sur “Mary Shelley – Haifa Al-Mansour

  1. Ce film me tente beaucoup, mais jusqu’ici j’ai été refroidie par toute une masse de critiques assez négatives. Je pense que j’irai le voir pour me faire mon propre avis, mais en tout cas merci pour ta chronique !

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