Mercy, Mary, Patty – Lola Lafon

Mercy-Mary-Patty

 

Résumé de l’éditeur: En février 1974, Patricia Hearst, petite-fille d’un célèbre magnat de la presse, est enlevée contre rançon par un groupuscule révolutionnaire dont elle ne tarde pas à épouser la cause, à la stupéfaction générale de l’establishment qui s’empresse de conclure au lavage de cerveau.
Professeure invitée pour un an dans une petite ville des Landes, l’Américaine Gene Neveva se voit chargée de rédiger un rapport pour l’avocat de Patricia Hearst, dont le procès doit bientôt s’ouvrir à San Francisco. Pour dépouiller le volumineux dossier qui lui a été confié, elle s’assure la collaboration d’une étudiante, la timide Violaine, qui pressent que Patricia n’est pas vraiment la victime manipulée que décrivent ses avocats…

Chronique: J’ai mis du temps avant de lire ce roman de la rentrée littéraire 2018, le sujet n’intéresse pourtant beaucoup. J’ai lu de long articles de presse sur ce faits divers passionnant et mystérieux. Lola Lafon aborde le sujet à travers deux personnages fictives: Gene Neveva chercheuse américaine conformiste et Violaine sa jeune élève américanophile.

La contrainte imposée à Violaine d’analyser les documents par ordre chronologique permet de prendre connaissance des enregistrements de Patricia Hearst et des réactions de la presse de l’époque.  Ils donnent lieu à des analyses de texte (pronom, verbe, temps employé…etc) très poussées. Cependant, le roman ne vise pas forcément à relater l’ensemble des évènement dans leur exhaustivité. Il souligne les contradictions des parents de Patricia, la bassesse de son fiancé ou encore la misogynie des mouvements d’extrême gauche. Plus généralement, le roman souligne les contradictions de la société américaine.

Ce qui est encore plus émouvant dans ce récit, c’est les portraits de Gene et Violaine,  2 femmes incomprises qui vivent un peu en marge de la société. Elles sont jugées pour leur mode de vie excentrique. Gene se tient toujours du point de vue des minorités dans ses études universitaires et ses prises de position. A travers, ces deux personnages on devine un hommage aux nombreuses femmes qui se sont opposé à la culture de leur société à toutes les époques.

« On s’est mises à hurler bien fait avec ma soeur, bien fait pour toi, connard, Tania a repris la plume, nos parents essayaient de nous calmer, on sautait sur le canapé, on était heureuses, bouleversées même, qu’elle le remette à sa place publiquement. Elle parlait pour nous. pour tout ce qu’on notait dans nos carnets et qu’on taisait, les petites humiliations des profs et les lâchetés de nos parents. Tania ne se laissait pas faire, elle.« 

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