Simone Veil L’aube à Birkenau

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Résumé de l’éditeur: À la fin des années 1990, David Teboul, un jeune cinéaste, propose à Simone Veil de lui consacrer un documentaire. C’est le point de départ d’une amitié qui va durer jusqu’à sa mort. Au fil des années, il enregistre plus de quarante heures d’entretiens. L’intimité entre Simone Veil et David Teboul est telle que c’est à lui que les enfants de Simone Veil confient la cérémonie du Panthéon.

Chronique: J’aime beaucoup la personnalité de Simone Veil et son parcours force le respect. Dans ce livre-témoignage, issu de nombreuses années d’entretiens avec David Teboul, Simone Veil nous confie une ultime transmission de son vécu de la déportation. Comme à son habitude elle dresse un récit rigoureux avec une analyse précise et sans illusion.

Simone Veil développe son enfance à Nice, les prémices des lois antisémites puis le basculement vers l’horreur. Elle nous livre ainsi une description très physique des premières heures dans les camps puis de la (sur)vie quotidienne. Le logique de groupes  et leur solidarité (famille, connaissances) sont finement analysés. J’ai été particulièrement émue par la description que fait Simone de sa mère tout au long de sa vie et durant la déportation. Les conditions de libération des camps (mise en quarantaine, difficulté d’alimentation) éclairent un aspect moins connu des camps.

Les échanges avec sa grande soeur Denise résistante, sa grande amie Marceline Loriden-Ivens et Paul un déporté avec qui elle a noué des liens d’amitié permettent de croiser les regard sur différents vécus de la déportation.

« Au camp les gens étaient capables de commettre des choses tout à fait monstrueuses les uns vis-à-vis des autres, par exemple de se voler de la soupe, ce qui, dans nos conditions de survie équivalait à un crime. mais une grande solidarité régnait aussi, au moins dans les petits groupes. Je n’emploierais pas le terme d’organisation collective, parce que le mot organisation collective, parce que le mot « organisation », dans le contexte du camp, résonne de façon trop particulière. Mais des liens étroits se nouaient, des liens extraordinaires qui ont permis aux gens de conserver de conserver un certain sens moral et d’affronter les pires situations. » 

« Ensuite, toujours vêtues, nous sommes passés devant une sorte de guichet. On nous a tatoué un numéro sur le bras. En un instant nous avons compris que nous étions hors du monde. Ce n’était pas une prison ordinaire. cette mise en scène signifiait notre exclusion. L’effet que cela produisait sur nous était parfaitement calculé. »

Je remercie les éditions Les Arènes pour cet envoi.

2 réflexions sur “Simone Veil L’aube à Birkenau

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