Martin Eden – Jack London

Ce document a été créé et certifié chez IGS-CP, Charente (16)

Résumé: Martin Eden, un marin de vingt ans issu des quartiers pauvres d’Oakland, décide de se cultiver pour faire la conquête d’une jeune bourgeoise. Il se met à écrire…

Chronique: J’ai souvent vu passé des chroniques sur Martin Eden présenté comme le roman le plus autobiographique de Jack London. Son adaptation en film en 2019 a relancé mon intérêt et enfin la chronique que Clara Dupont-Monod lui a consacré dans Par Jupiter! a fini de me convaincre de me lancer dans ce classique publié en 1909.

Un récit d’apprentissage

Martin Eden c’est d’abord une force de la nature qui impressionne Ruth lors de leur première rencontre. C’est également un jeune homme d’une grande détermination, dès sa rencontre avec la jeune femme il décide de parfaire son éducation (lui qui n’a pas terminer l’équivalent de l’école primaire) et dans la foulée d’écrire des nouvelles pour gagner sa vie. Avec une candeur désarmante, Martin calcule les gains potentiels par mots écrits et se met à l’ouvrage comme un forcené ne se réservant que 5 heures de sommeil par nuit. Sa vie ressemble alors à celle de nombreux héros pauvres de la littérature du XIXe siècle avec des revenus réduits au minimum. Il m’a fait pensé notamment à Rodia dans Crime et châtiment. La description de ses journées d’écritures, réécritures et envois aux éditeurs sans cesse renvoyés est répétitive et un peu fastidieuse à lire mais c’est clairement voulu par Jack London.

Un archétype inoubliable

Mais Martin Eden n’est pas seulement un jeune homme qui aspire à une carrière littéraire. Au fur et à mesure de sa formation intellectuelle, il acquiert des opinions philosophiques très marquées prônant l’individualisme et se rapprochant de la pensée de Nietzsche et d’une forme de Drawinisme. Il est rapidement convaincu d’être lui-même (avec l’appui du narrateur) parmi une caste supérieure. A l’inverse, son entourage que ce soit la bourgeoisie représentée par l’entourage de Ruth ou le peuple à travers ses beaux-frères représentent une forme de petitesse d’esprit incapable de noblesse. Cela peut paraître extrême ou mégalomane mais Martin appliquera cette philosophie de vie qui fait de lui un personnage hors du commun.

A la suite de ma lecture, j’ai visionné l’adaptation de 2019. Pietro Marcello transpose l’intrigue à Naples dans une période indéterminée qui pourrait être les années 1930.  Quelques dialogues avec Ruth sont en français pour illustrer l’érudition du personnage. L’acteur Luca Marinelli est parfait dans le rôle de Martin Eden. Il ne s’agit pas d’une adaptation classique mais d’une oeuvre assez expérimentale qui intègre des passages documentaires notamment pour décrire le quotidien du peuple (boutiquiers, terrasse, enfants jouant dans les rues…etc). J’ai beaucoup apprécié cette adaptation.

Martin-Ruth

Au final, Martin Eden est un personnage fascinant et attachant que je regrette d’avoir découvert aussi tardivement.